IVG : pour Laurence Rossignol, "la liberté d’expression n’inclut pas le droit au mensonge"

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La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, invitée de franceinfo jeudi, a justifié son soutien à la proposition de loi, visant à élargir le droit d'entrave aux sites internet diffusant des informations faussées sur l'IVG. 

L'Assemblée nationale examine jeudi 1er décembre une proposition de loi élargissant le délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à des sites internet, diffusant des informations trompeuses. "Cette proposition de loi vise à mettre de l'ordre sur ce qu'il se passe sur Internet en matière d'information et d'IVG", a expliqué Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, invitée de franceinfo jeudi. 

La ministre a rappelé son attachement "à la liberté d'expression". "Être hostile à l'IVG est une opinion que chacun peut exprimer comme il veut, autant qu'il veut. Mais tromper les femmes, faire pression sur elles, n'est pas une opinion", a déclaré Laurence Rossignol. 

La liberté d’expression n’inclut pas le droit au mensonge. Je souhaite que ces sites cessent de délivrer des informations tronquées en se dissimulant derrière l’apparence de la neutralité.

Laurence Rossignol

Visés, des sites à l'apparente neutralité

Avec le texte discuté jeudi, Laurence Rossignol veut "forcer ces sites à annoncer la couleur". La ministre a estimé que "quatre ou cinq sites" sont concernés. "En 1993, les anti-IVG s'enchaînent aux portes des services hospitaliers pour entraver l'accès des femmes à l'IVG. On vote une loi de délit d'entrave qui est très efficace. Ensuite, ils se sont déplacés à l'intérieur des services hospitaliers", a précisé la ministre. "On a étendu le délit d'entrave. Depuis deux, trois ans, ils se sont déplacés sur les sites internet. Ils ont mis en place un système assez pervers, ils ont pris des noms très neutres et ont créé des sites qui semblent donner des informations", a expliqué Laurence Rossignol.

Les évêques de France dénoncent l'interdiction de tous propos hostiles à l'IVG avec cette proposition de loi. "C'est une position constante de l'Eglise catholique que de s'opposer au droit à l'IVG et à toutes les lois qui ont pour but de garantir ce droit. Donc c'était prévisible, ils sont dans leur rôle, je suis dans le mien."

François Fillon "a menti"

Lors de la primaire de la droite, François Fillon a "affirmé avoir voté tous les textes ayant permis la mise en œuvre de la loi Veil. En fait, il a menti", a déclaré Laurence Rossignol. "Depuis la loi de 76, il y a eu plusieurs textes importants et il n'a voté aucun de ces textes. Pour certains, il a voté contre, pour d'autres, il était absent", a précisé la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes.

"Sur les sujets de société, qu'il s'agisse de la famille, de l’IVG, de l'adoption, il [François Fillon] a des positions extrêmement réactionnaires. Les positions de François Fillon correspondent aujourd'hui à l'épicentre de la droite, mais ne correspondent pas à l'épicentre de la société française", a ajouté Laurence Rossignol.

La nécessité d'une primaire de la gauche

François Hollande se représentera-t-il à la présidentielle en 2017 ? Laurence Rossignol, a affirmé que la réponse à cette question dépendait du choix du président de la République. "J'agis et je travaille depuis 2014 pour que le président (...) puisse être candidat s'il le décide", a-t-elle expliqué.

Réputée proche du Premier ministre Manuel Valls, Laurence Rossignol s'est dite convaincue "que le Premier ministre et le président de la République ne seraient pas candidats l'un contre l'autre dans la primaire de la gauche". Pour elle, "François Hollande est président de la République, s’il souhaite être candidat, il sera candidat", ajoutant que le chef de l'Etat "a son calendrier et s'y tiendra".

Après la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, Laurence Rossignol a estimé que la France se trouve dans "une situation nouvelle". "On n'est plus dans cette espèce d'alternance, où il y a un socle commun. Aujourd'hui on a un candidat qui est à l'écart de ce socle commun, qui cible la sécurité sociale, l'héritage de la France depuis la Libération, qui est extrêmement offensif contre les protections collectives, qui est un vrai candidat libéral et réactionnaire. Pour la gauche, c'est une situation nouvelle". 

La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes a également souhaité que "tout le monde passe par la primaire de la gauche". "Il est difficile aujourd’hui de contourner la primaire. Nous avons besoin de cette primaire", a-t-elle ajouté. "Le bilan de ce gouvernement est un bilan que nous pouvons revendiquer devant les Français. Tout l'enjeu, c'est de restaurer ce bilan et de proposer un projet", a estimé Laurence Rossignol.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien de Laurence Rossignol sur franceinfo, jeudi 1er décembre


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