"Hésitant, flou, contradictoire, isolé"... Brice Hortefeux fait le bilan de la première année d'Emmanuel Macron à l'Elysée

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L'ex-ministre de l'Intérieur, invité de franceinfo lundi, a critiqué l'action du président de la République, un an après son arrivée à l'Elysée, lui reprochant notamment son hésitation sur le plan social. 

L'ex-ministre de l'Intérieur sous Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, invité lundi 7 mai de franceinfo, a critiqué le bilan d'Emmanuel Macron, un an après son arrivée à l'Elysée. "La communication peut abuser un temps, mais elle ne peut abuser tout le temps", a jugé l'eurodéputé Les Républicains (LR). "Nous avons avec Emmanuel Macron un président hésitant sur le plan social, contradictoire sur la fiscalité, schizophrène sur la dépense publique, ambigu sur l’immigration, flou sur le communautarisme et isolé sur le plan européen", a poursuivi Brice Hortefeux.

"L'erreur" de Donald Trump

En mimant ses propos, le président des Etats-Unis a défendu vendredi 4 mai le port des armes en affirmant que le bilan des attentats du 13-Novembre à Paris aurait pu être atténué si des victimes avaient été armées. "La gestuelle est choquante, doit être regrettée et condamnée, et j’imagine l’émotion des familles qui ont perdu des proches, a réagi Brice Hortefeux. Cette gestuelle est totalement inadaptée."

En dépit des déclarations du président américain, "nous sommes les premiers alliés des Etats-Unis et naturellement il n’est pas question de remettre en cause cela, mais le président Trump s’adressait à sa clientèle électorale et il a cru habile de prendre cette image, c’était une erreur", a poursuivi l'ex-ministre de l'Intérieur de Nicols Sarkozy. 

Air France : "que l'État s'implique"

Après la démission du PDG d'Air France suite au rejet de sa proposition de sortie de crise, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a prévenu dimanche qu'il ne fallait pas compter sur l'État pour venir au secours d'Air France dont la situation financière est délicate. Il a appelé au dialogue social. Brice Hortefeux "partage cet avis", tout en préconisant de "ne pas être dans le déni" et en souhaitant que "l'État s'implique".

"Pour qu'Air France soit compétitive, il faut aussi qu'il y ait un effort qui soit entrepris sur les charges. Donc, il faut que l'État s'implique et examine [la situation] de manière à ce qu'Air France ne soit pas une compagnie pénalisée par rapport aux autres", a estimé l'eurodéputé, insistant sur la fragilité de la compagnie. "Il y a eu une perte l'année dernière de 275 millions et la grève va coûter, si elle s'arrête rapidement, autour de 300 millions. Vous avez une baisse de 45% du cours de l'action sur les quatre premiers mois de l'année", a-t-il expliqué.

En 2019, des européennes qui "éparpillent la France"

L'ex-ministre de l'Intérieur a fortement critiqué le mode de scrutin national. "Le président de la République a choisi de manière absolument cynique un mode de scrutin tout simplement parce que ça arrangeait En Marche, ça affaiblit la France, ça éparpille la France et ça éloigne le député européen des électeurs", a jugé Brice Hortefeux. 

Si l'ancien ministre ne se prononce pas aujourd'hui sur sa candidature pour 2019, l'eurodéputée LR, Nadine Morano, a affirmé qu'elle sera "selon toute vraisemblance" candidate à sa réélection. "Nadine Morano a une grande qualité, c'est qu'elle est toujours prête. Moi je trouve ça plutôt sympathique, elle ne se pose pas de questions. Peut-être une différence de tempérament, il peut m’arriver de m’en poser", a souligné Brice Hortefeux. 

Regardez l'intégralité de l'entretien de Brice Hortefeux sur franceinfo, le 7 mai 2018.

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