Grève à la SNCF : le secrétaire d'État Olivier Dussopt regrette "la volonté d'entrer directement dans un rapport de force"

Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics a admis, mardi sur franceinfo, que "la mobilisation était réelle" à la SNCF, tout en regrettant que les cheminots aient choisi, selon lui, "d'entrer directement dans un rapport de force" avec le gouvernement.

Au premier jour de la mobilisation des cheminots contre la réforme de la SNCF, Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes Publics a admis, mardi 3 avril sur franceinfo, que "la mobilisation était réelle" à la SNCF, tout en regrettant "la volonté", selon lui, des syndicats de cheminots "d'entrer directement dans un rapport de force" avec le gouvernement.

"Il y a une tradition de rapport de force"

"Je ne sais pas s'il y a une culture de la grève à la SNCF, explique le secrétaire d’État, mais en tout cas, il y a une inquiétude et une volonté d'entrer directement dans un rapport de force." "On sait, poursuit Olivier Dussopt, que pas une année parmi les 40-45 années précédentes n'a connu une année sans grève (...). Il y a une tradition de rapport de force, une tradition de conflit."

Le secrétaire d'État mise sur les discussions avec le gouvernement pour sortir du conflit : "Les discussions sont ouvertes et elles vont continuer avec la ministre des Transports et ce qui compte au-delà de la mobilisation d'aujourd'hui ou de demain, c'est de faire en sorte que cette discussion puisse aboutir. C'est le seul objectif", a-t-il affirmé.

Olivier Dussopt rappelle ainsi que l'objectif de la réforme proposée par le gouvernement  est de "sauver la SNCF", "la moderniser", et faire en sorte que la SNCF puisse d'une part "affronter l'ouverture à la concurrence qui est décidé depuis longtemps", et d'autre part, "avoir une organisation qui permette de garantir un meilleur service et une meilleure offre aux usagers".

Pas de revalorisation du point d’indice

Olivier Dussopt, a par ailleurs confirmé que le gouvernement ne comptait pas revaloriser le point d'indice servant au calcul de la rémunération des fonctionnaires. "Lorsqu’on procède à une augmentation générale du point d’indice, le bénéfice pour les agents est extrêmement bas et le coût collectif est extrêmement haut", a-t-il expliqué, exemple à l'appui. "Lorsque le gouvernement décide d'augmenter le point d'indice de 1%, cela coûte 2 milliards d'euros de dépenses publiques, et pour un agent public qui a un salaire net de 2 000 euros, c'est un gain de 15 euros." 

Le point d'indice a été gelé de 2010 à 2016 avant d'être augmenté de 1,2% en deux étapes entre juillet 2016 et février 2017. "Nous, a expliqué Olivier Dussopt, nous considérons qu'il vaut mieux travailler sur des mesures catégorielles, sur des questions liées à l'avancement et à l'évolution de carrière des agents pour mieux les reconnaître."