François Fillon n'apprécie pas chez Nicolas Sarkozy sa "manière clanique de faire de la politique"

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François Fillon était l'invité de franceinfo ce vendredi. L'ancien Premier ministre a de nouveau attaqué son rival à la primaire de la droite et du centre en visant sa conception de la politique.

François Fillon, député Les Républicains et candidat à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle était l'invité de franceinfo ce vendredi. L'ancien Premier ministre a estimé qu'"on a depuis les deux derniers quinquennats (...) un président de la République de faits divers".

Selon François Fillon, "depuis plusieurs années on a abaissé la fonction présidentielle. (...) Cette façon de gouverner le pays en prenant le pouvoir de force d'une certaine façon parce que je rappelle que la Constitution a donné le pouvoir au gouvernement".

On a depuis les deux derniers quinquennats un président de la République que j'appelle 'un président de la République de faits divers' qui parle à tort et travers et qui gouverne à la place du gouvernement.

François Fillon

François Fillon a proposé de supprimer "le Premier ministre" et de créer "un régime présidentiel avec un contrôle du Parlement sur le président de la République".

Sarkozy : "une manière clanique de faire de la politique"

François Fillon, député Les Républicains et candidat à la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle, a fait un pas de plus ce vendredi sur franceinfo pour s'éloigner de Nicolas Sarkozy, estimant qu'"il existait avant lui"

"J'existais avant Nicolas Sarkozy, je crois même avoir largement contribué à le faire élire en 2007, car il n'y avait pas beaucoup d'hommes politiques de droite qui le soutenait à cet époque-là", a déclaré François Fillon en ajoutant :"J'ai passé un accord avec lui pour mettre en oeuvre un programme. Je ne reconnais pas dans cette manière de faire de la politique qui est une manière clanique."

Gabon : "une "forte contestation" dans les urnes

François Fillon a également commenté l'élection présidentielle au Gabon, qui a déclenché des violences. Le député LR a estimé qu'une "très forte contestation" s'était exprimée dans les urnes au Gabon.

"Quand je vois ce qui se passe au Gabon. Je souhaite que les résultats de cette élection soient connus. Le sentiment qu'on a en écoutant les observateurs sur le terrain, c'est que le président Bongo n'a pas gagné cette élection. Il s'est exprimé à travers les urnes une très forte contestation à l'exception de son fief familial", a-t-il jugé.

L'ancien Premier ministre voit dans ces évènements un signe positif. "Le seul fait que le président Bongo annonce une victoire étriquée compte tenu de ce que sont les systèmes démocratiques dans les pays de cette région, c'est le signe qu'il y a un progrès vers une plus grande forme de liberté."

François Fillon a refusé de faire l'examen de conscience de la France sur le rôle que le pays a joué par le passé au Gabon : "La repentance ne sert à rien. Il faut placer les choses dans leur contexte historique", a estimé l’ancien Premier ministre.

Macron : est-il dans le casting de Fillon ?

Après la démission d'Emmanuel Macron du gouvernement cette semaine,   François Fillon a souhaité "bonne chance" à l'ancien ministre. Ce vendredi, il a jugé qu'il est "positif que le débat s'organise avec des hommes et des femmes qui ont envie de sortir du cadre et qui ont envie de secouer un système partisan qui est aujourd'hui beaucoup trop étriqué et qui a confisqué la vie politique".

On voit bien que le système politique patine, qu'il est à bout de souffle. Notre système institutionnel partisan a besoin de renouvellement.

François Fillon

Le candidat à la primaire de la droite et du centre a ajouté : "Je prône une ouverture très large du gouvernement à la société civile parce qu'il faut commencer à accompagner le craquement  de ce système pour aller vers une démocratie plus représentative."

François Fillon qualifie Emmanuel Macron de "candidat" : "Il y a un candidat qui exprime des idées nouvelles". Candidat à quoi ? "Il est en tout cas candidat à exprimer des idées", précise-t-il.

Est-ce une façon pour François Fillon de dire à l'ex-locataire de Bercy "bienvenue au club" ? L'ancien Premier ministre précise ajoute alors : "Au club du débat de la rénovation de la vie politique française".

Présidentielle aux USA : un niveau de débat "médiocre"

François Fillon a jugé que le niveau du débat politique américain était "extrêmement préoccupant""Ce qui m'impressionne, c'est la médiocrité du débat de la présidentielle américaine (...) à un moment où le monde est dans une extrême fragilité, menacé par une forme de troisième guerre mondiale à cause de la montée du totalitarisme islamique dont l'emprise sur le monde est de plus en plus forte", a-t-il constaté. Cet état des lieux, selon l'ex-Premier ministre, "pose des questions sur le fonctionnement de la démocratie et sur son évolution".

François Fillon a précisé que sa sensibilité politique "va du côté d'Hillary Clinton et non pas vers Donald Trump".


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