Eric Woerth ne votera pas la confiance au gouvernement : "Dans une démocratie, il faut une majorité et une opposition"

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Le député Les Républicains de l'Oise, invité mardi de franceinfo, ne veut pas donner de "chèque en blanc" au gouvernement, estimant possible ne pas voter la confiance et de voter ensuite "ce que l'on considère comme de bons textes".

Eric Woerth, député Les Républicains (LR) de l'Oise, invité de franceinfo, mardi 27 juin, a justifié son refus de voter la confiance au gouvernement, lors du discours de politique générale le 4 juillet prochain d'Edouard Philippe, à l'Assemblée nationale. "Le vote de confiance, c'est un chèque en blanc, qui signifie qu'on va soutenir le gouvernement sur l'ensemble des choses", a-t-il déclaré. "Dans une démocratie, il faut une majorité et une opposition. Beaucoup ont décidé qu'il fallait rayer de la carte toute opposition et qu'il fallait avoir une vision jupitérienne de la démocratie", a-t-il déclaré, prenant ainsi ses distances avec Thierry Solère, chef de file d'un groupe LR constructifs - UDI - indépendants. "Je ne voterai pas la confiance au gouvernement, parce que nous sommes dans l'opposition, opposition républicaine et constructive", a précisé Eric Woerth.

Eric Woerth a déclaré attendre la position d'Emmanuel Macron sur les phénomènes migratoires, ainsi que sur la réforme des retraites. "On voit que le Conseil d'orientation des retraites (COR) a changé son fusil d'épaule et que le président de la République ne dit toujours rien."

Les syndicats consultés, mais pas l'opposition républicaine : "un tort"

Le député a ajouté qu'il n'était pas favorable à "la manière dont  le président de la République veut traiter le chômage et, en ce qui concerne les droits sociaux, la manière dont il veut probablement placer le curseur entre responsabilités individuelles et collectives". L'élu LR a reproché à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud de ne pas discuter avec l'opposition républicaine sur les textes de lois d'habilitation en vue de la réforme du Code du travail et de discuter uniquement avec les syndicats. "C'est un tort (...) Nous n'avions pas la même chose dans le domaine des retraites. "

Macron avant Philippe : "humiliant"

Ces derniers jours a été évoquée la date du 3 juillet, veille de la déclaration de politique générale d'Edouard Philippe à l'Assemblée, pour un discours d'Emmanuel Macron, devant le parlement réuni en Congrès. "Ce serait inédit et assez humiliant pour le Premier ministre (...) Ce serait le rabaisser au niveau d'un exécutant assez primaire", a estimé Eric Woerth. 

Mise en garde sur la limitation du nombre de mandats

Eric Woerth a déclaré ne pas être opposé au projet de limiter le nombre de mandats des parlementaires, tout en alertant sur les conséquences possibles. "Je n'ai pas d'opposition au fait de ne pas pouvoir faire plus de trois mandats de députés successifs, mais il faut préparer la sortie et ne pas avoir la tentation de la préparer pendant son mandat. Cela peut engendrer du conflit d'intérêt", a estimé le député Les Républicains de l'Oise. "Si un maire est élu quatre ou cinq fois et qu'il satisfait ses électeurs, ce n'est pas immoral de voter pour lui et au bout d'un moment, il y aura une pénurie d'élus", a-t-il déclaré. "Il faut prendre le temps d'y réfléchir. Le nouveau monde n'est pas de faire les choses dans la précipitation. Je ne fais pas partie de l'ancien monde, je fais partie du monde d'aujourd'hui puisque j'ai été élu."

Le puzzle des Républicains

Interrogé sur les divisions au sein de sa famille politique, Eric Woerth a déclaré constater "une fracture et des tensions, mais pas l'explosion des Républicains". "On peut continuer à travailler ensemble Les lignes ont du mal à se parler mais ce serait dommage que chacun vive sous sa propre bannière. Il faut un débat sur le fond", a-t-il ajouté. 

"C'est simple de créer plein de petits clans, c'est beaucoup plus compliqué de créer un parti global (...) Entre [les deux courants qui s'imposent incarnés par] Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, je ne me prononce pas. Je ne veux pas rentrer dans les débats de personne. Les lignes différentes ont aussi des point de convergence."

Regardez l'intégralité de l'entretien d'Eric Woerth sur franceinfo le mardi 27 juin 2017


Eric Woerth contre la confiance au gouvernement... par franceinfo
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