"En matière d'immigration, Emmanuel Macron parle comme mère Teresa et agit comme Nicolas Sarkozy voire pire", juge Ian Brossat

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L'adjoint PCF à la mairie de Paris, invité de franceinfo lundi, a reproché au chef de l'Etat l'écart entre ses propos et ses actes. 

Invité de franceinfo lundi 25 décembre, Ian Brossat, adjoint PCF en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence à la mairie de Paris, a vivement critiqué la politique suivie par le gouvernement et l'Elysée en matière d'immigration. Il pointe notamment l'écart entre les propos du président de la République et les actes. "En matière d'immigration, Emmanuel Macron parle comme mère Teresa et agit comme Nicolas Sarkozy, voire pire" a déclaré Ian Brossat après avoir précisé que la circulaire qui prévoit de recenser les étrangers dans les centres d'hébergement d'urgence l'inquiétait "énormément".

La circulaire "revient, de fait, à transformer les centres d'hébergement en centres de tri. Cela revient aussi à demander aux associations gestionnaires de ces centres de devenir les adjuvants d'une politique de tri des migrants. Cela me choque beaucoup", a poursuivi l'élu, critiquant une politique "à la fois inhumaine et irrationnelle".

Ian Brossat redoute que les personnes qui viennent vers les centres d'hébergement deviennent méfiantes. "Elles n'iront plus en centre d'hébergement et donc on aura une multiplication des campements", a-t-il déclaré. Selon l'élu municipal, Paris compte actuellement 11 000 places d'hébergement d'urgence". "Dans nos centres, une bonne part de gens sont des migrants et n'ont pas de papiers. Et malgré tout, le rôle de l'hébergement d'urgence, c'est d'accueillir les gens de manière inconditionnelle", a souligné l'adjoint, tout en appelant à la "mobilisation générale". "Paris, c'est cinq places d'hébergement par habitant. Les Hauts-de-Seine, c'est cinq fois moins. Paris fait des efforts extrêmement conséquents, c'est normal, parce que nous sommes la capitale et que nous avons ce devoir de solidarité. Simplement, j'aimerais parfois que les autres en fassent autant que nous", a expliqué Ian Brossat.

Jean-Luc Mélenchon le "décontenance"

Interrogé sur l'avenir de la gauche, l'adjoint PCF à la mairie de Paris a estimé que "la ligne et le comportement de Jean-Luc Mélenchon ne permettent pas à la gauche d'être en situation de reconquête à l'échelle du pays".

Jean-Luc Mélenchon "occupe beaucoup d'espace" mais il "ne se fixe pas l'objectif de rassembler la gauche", a estimé Ian Brossat. "La gauche est dispersée, elle est en mal de projet, en mal d'incarnation. Elle n'a pas de chef aujourd'hui. Je ne le vois pas. Je ne pense pas que la gauche ait un leader qui lui permette de gagner une élection et d'être majoritaire dans le pays", a-t-il expliqué. Certaines positions récentes de Jean-Luc Mélenchon l'ont étonné, a-t-il déclaré. "Quand il se félicite du succès des nationalistes en Corse, je vous avoue que j'ai été un peu décontenancé (...) J'ai plutôt le sentiment que c'était une position un peu opportuniste", a jugé l'adjoint municipal parisien. 

Le "courage" d'Anne Hidalgo

En matière de lutte contre la pollution, "Anne Hidalgo est une maire courageuse", a estimé Ian Brossat. Selon l'adjoint PCF à la mairie de Paris chargé du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence, "s'attaquer au lobby automobile,  faire reculer la pollution suppose de prendre des décisions qui parfois contreviennent au confort de chacun. Mais je crois que c'est nécessaire si on a envie que Paris avance". "Les Parisiens soutiennent la politique municipale, sur les grands sujets, notamment la question de la réduction de la place de la voiture, la question du développement du logement social", a affirmé Ian Brossat, prévoyant qu'au moment des municipales, "beaucoup de Parisiens se diront qu'Anne Hidalgo a pris les bonnes décisions, y compris quand sur le moment ces mêmes Parisiens n'étaient pas forcément d'accord avec elle".

Regardez l'intégralité de l'entretien de Ian Brossat sur franceinfo le 25 décembre 2017. 

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