Emmanuel Macron "rate les dialogues avec les territoires", estime Jean-Pierre Raffarin

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L'ex-Premier ministre a estimé, mercredi, le chef de l'Etat "courageux" de tenir les réformes qu'il avait promises, mais il lui attribue un mauvais point sur son rapport "avec les territoires", ni "authentique", ni "sensible".

Jean-Pierre Raffarin, invité mercredi 21 mars de franceinfo, a dit apprécier "la ligne directrice qui est la réforme" d'Emmanuel Macron, tout en se montrant critique sur "ses dialogues avec les territoires"

"Si on n'est pas ambitieux dès le départ, avec beaucoup de réformes, on n'y arrive pas. Je pense qu'il faut être ambitieux. Macron s'est engagé, il a fait des propositions, il a été élu pour cela et je le trouve courageux de s'en tenir à cette ligne", a déclaré l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac entre 2002 et 2005. Jean-Pierre Raffarin a toutefois formulé une critique. Pour lui, le chef de l'Etat "rate les dialogues avec les territoires". "Le dialogue n'apparaît pas authentique, sensible", a-t-il précisé.

Par exemple, sur la réduction de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, Jean-Pierre Raffarin questionne: "Qui aujourd'hui a la vision exacte des routes secondaires ? Les départements. Pourquoi gérer cela de Paris ? Que l'on confie aux départements la liste des zones dangereuses, des virages dangereux et que l'on décentralise les choses" car, dit-il, "ce qui est secondaire doit échapper à la congestion cérébrale du haut de notre État"

Quant à la proposition du député LREM Guillaume Chiche de supprimer le quotient familial, "c'est le type d'erreur politique majeure, a réagi Jean-Pierre Raffarin. On s'attaque à quelque chose d'essentiel, la commune, l'entreprise, la famille. Quand on touche à ces espaces de solidarité et de connexion, il faut être très vigilant."

"On peut interroger les gens à des heures raisonnables"

Alors que Nicolas Sarkozy entamait ce mercredi une deuxième journée en garde à vue dans l'enquête sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007, Jean-Raffarin, a expliqué, avoir "décidé ne pas avoir de doutes" quant à la sincérité l'ancien chef de l'État, qui a toujours démenti les accusations pesant contre lui.

"Dans les affaires politiques, notre justice ne semble pas sereine", a poursuivi l'ex-Premier ministre. "Pourquoi tout ce spectacle?, s'est-il interrogé. On peut interroger les gens à des heures raisonnables. On n’est pas obligé de les humilier pour les juger. C’est donner un sentiment de tragédie, de spectaculaire, comme si on avait besoin de ça dans l’actualité."

Le choix "rationnel" du numéro un chinois

Le président chinois Xi Jinping a prononcé, mardi, son premier discours après sa réélection à la tête du pays. Le dirigeant a obtenu les pleins pouvoirs en décidant de lever la règle des deux mandats maximum pour les dirigeants chinois. Une situation qui n'inquiète "franchement" pas Jean-Pierre Raffarin, président de la Fondation Prospective et Innovation qui travaille notamment sur l'émergence de la Chine et de l'Afrique. L'ancien sénateur a estimé que "ce n'est pas une présidence à vie. Cela peut, mais ça ne l'est pas forcément". Pour lui, la Chine entame un grand "passage de l'émergence chinoise au leadership chinois" et "propose au monde un Plan Marshall multiplié par dix". Permettre à Xi JinPing de rester au-delà de deux mandats à la tête de la Chine "est donc rationnel".

Opposant Xi Jinping et Donald Trump, Jean-Pierre Raffarin considère qu"en matière de politique étrangère, celui qui est prévisible est moins dangereux que celui qui est imprévisible". À la question d'un risque de complaisance de sa part vis-à-vis de la Chine, Jean-Pierre Raffarin a répondu : "Je suis dans une vision gaullienne de la politique étrangère, la politique étrangère c'est la défense des intérêts de la France, ce n'est pas de savoir ce qui est meilleur pour le peuple chinois."

Regardez l'intégralité de l'intervention de Jean-Pierre Raffarin sur franceinfo le mercredi 21 mars 2018. 

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