Crise des réfugiés : "C'est un reproche historique qu'on adressera à l'Europe", estime Bernard Kouchner

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L'ancien ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, était l'invité de franceinfo mercredi. Il est notamment revenu sur l'incapacité de l'Union européenne à gérer la crise des réfugiés.

"Le discours nationaliste, le discours de haine, le discours raciste... C'est ce qui prévaut en Europe en ce moment." Invité de franceinfo mercredi 28 décembre, Bernard Kouchner a dénoncé l'attitude de l'Union européenne à l'égard des réfugiés. L'ancien ministre des Affaire étrangères est également revenu sur l'inquiétude que suscite dans le monde l'élection de Donald Trump à la présidence américaine.

L'accueil des réfugiés, "c'était à l'Europe de le faire"

"La première situation humanitaire qu'on aurait dû affronter, c'était les réfugiés. Nous avons loupé cette occasion" : Bernard Kouchner a pointé du doigt l'immobilisme de l'Union européenne sur la question de la crise des réfugiés. "Nous n'avons pas accueilli les réfugiés. C'était à l’Europe de le faire, a-t-il assuré. Ce sera une reproche historique qu'on adressera à l'Europe."

La France n'échappe pas aux critiques de l'ancien ministre des Affaires étrangères. "La France des droits de l'Homme est celle qui a accueilli le moins" de réfugiés, a-t-il rappelé. "Nous nous gargarisons avec les droits de l'Homme, mais on enterre les droits de l'Homme en même temps. Et nous avons d'une certaine façon enterré le droit d'asile", a conclu Bernard Kouchner, expliquant cette attitude de la France par la "peur du Front national"

Donald Trump, "la brutalité n'est pas loin"

Bernard Kouchner a jugé "inquiétants" les premiers mouvements de Donald Trump, qui doit être investi à la présidence des États-Unis le 20 janvier. "La façon de ne pas respecter l'intégrité chinoise et la façon dont il a réagi à un certain nombre d'événements prouvent que la brutalité n'est pas loin. La réflexion est très lointaine", a-t-il estimé.

L'ancien ministre des Affaires étrangères a espéré voir s'opérer un changement de style chez le futur président des États-Unis, qui donne pour l'instant, selon lui, une "impression de vacuité personnelle" "Il a été caricatural parce qu'il voulait être élu. C'est souvent le cas. Chez nous aussi. Va-t-il se montrer intelligent et posé par la suite ? Nous verrons... Je l'espère, bien sûr."

Emmanuel Macron, un candidat "intéressant"

Interrogé sur la primaire de la gauche, Bernard Kouchner a annoncé qu'il pense "pour le moment" voter "pour Manuel Valls", tout en précisant attendre "que les arguments se développent un petit peu". Il a également dénoncé la "démagogie extraordinaire" de la campagne de la primaire. 

"Il y a un type intéressant, c'est Macron ", a ajouté l'ancien ministre des Affaires étrangères : "Je pensais qu'il était très risqué de s'imposer en quittant François Hollande, à qui il doit beaucoup. Mais finalement, il s'impose grâce à une manière talentueuse et assez décidée de dire les choses." Bernard Kouchner a par ailleurs souligné les "similitudes" entre Manuel Valls et Emmanuel Macron, notamment en matière de "social-démocratie"

Visionnez l'intégralité de l'interview de Bernard Kouchner


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