Cécile Duflot : "Le moment politique est très compliqué pour les écologistes"

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Invitée sur franceinfo, Cécile Duflot, députée de Paris EE-LV, ancienne ministre du Logement et de l'Egalité des territoires, est notamment revenue sur la nomination d’Edouard Philippe à Matignon et la création d’un nouveau parti écologiste.

"Le moment politique est très compliqué pour les écologistes", concède sur franceinfo mercredi 17 mai Cécile Duflot, députée de Paris EE-LV, ancienne ministre du Logement et de l'Egalité des territoires, alors qu’un bloc de gauche se recompose au moment où Emmanuel Macron doit dévoiler la composition de son gouvernement, probablement marqué à droite.

Favorable à ce que EE-LV se "réinvente"

Il s’agit en effet pour EE-LV de retrouver une place, au carrefour du pragmatisme et de l’idéologie. L’ancienne patronne d’EELV avait, mi-mars, proposé la création d’un mouvement avec des écologistes, des socialistes et des communistes. Interrogée sur la possible création d’une nouvelle formation, Cécile Duflot n’y semble pas opposée sur le principe. "L’essentiel, affirme-t-elle, ce sont les idées qu’on défend. Je suis donc favorable à ce que nous nous réinventions." Sans affirmer la souhaiter, la députée de Paris n’exclut pas une alliance avec les socialistes. Il n’y a pas, selon elle, de "mode d’emploi" : il faut faire en "avançant" et en se "respectant". Selon elle, le renouveau écologiste ne pourra venir le jour par la seule volonté de quelques personnalités EE-LV.

Nicolas Hulot ministre, le risque du "trophée"

La composition du gouvernement devrait être annoncée ce mercredi à 15h. parmi les noms murmurés pour récupérer le ministère de l’Ecologie, celui de Nicolas Hulot. Cécile Duflot semble sceptique : "Si Nicolas Hulot devient ministre c'est qu'il aura obtenu des engagements qui feront que les orientations aujourd'hui portées par le président de la République prendront un virage à 180 ou au moins à 90 degrés." Elle craint par ailleurs que Nicolas Hulot, pour qui elle a "beaucoup de respect et d'affection", ne soit qu'un "trophée"

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Sur le projet d’Emmanuel Macron en matière d’écologie, l’ancienne ministre du Logement et de l'Egalité des territoires est pessimiste : en matière d’écologie, rappelle-t-elle, il y a "le discours et les actes", "un peu comme en amour". Aussi voit-elle dans le projet d'Emmanuel Macron "beaucoup de phrases, d'intentions", qui seront, à ses yeux, la reproduction du quinquennat Hollande : "des engagements sur le papier et pas de traduction dans les actes."

"Edouard Philippe, en matière d'écologie, c'est pas son truc", avance-t-elle. En nommant le nommant Premier ministre, le président de la République aurait donc nommé "un homme de droite", sans doute pour mener "une politique de droite", "avec ce que cela veut dire de problématique", a expliqué Cécile Duflot. Avec cette nomination, "on ne s'attaque pas à un sujet majeur qui est la réduction des inégalités. La droite c'est le conservatisme. Cette distorsion qui est en train de se créer entre ceux qui vont bien avec la mondialisation et ceux qui subissent la précarité, ça crée quelque chose qui peut s'apparenter à la rage. Il y a une vraie inquiétude et une politique de droite n'est pas une bonne chose." 

 Emmanuel Macron "est très attaché à bien jouer le rôle du président de la République", estime-t-elle. "Il fait ce qu'a fait Matteo Renzi, Justin Trudeau : une espèce de positionnement politique qui consiste à susciter l'espoir, à susciter le changement, à être le président de la promesse de l'après. Le pays a besoin d'apaisement, de dialogue, notamment de dialogue social. On ne peut pas dire que l'on va faire les choses par ordonnance, brutalement, sans discussion."

Pour Cécile Duflot, Emmanuel Macron "a oublié qu'il avait été élu face à Marine Le Pen". Actuellement, elle ressent "de l'espoir et de la crainte". "De l'espoir parce que je pense que le pire n'est jamais certain, et qu'on a besoin que nos dirigeants, le président de la République prennent la mesure de l'enjeu, de l'importance de leur rôle, et de la crainte, parce que si j'en crois son projet, l'équipe qu'il est en train de constituer, j'ai peur qu'on se retrouve très vite dans une forme d'impasse."

 A l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie, Cécile Duflot a voulu revenir sur la situation en Tchétchénie. "C'est tellement vertigineux qu'on a peine à y croire, s’indigne-t-elle. Les autorités font pression sur les familles, sur l'environnement, pour que les homosexuels se dénoncent et certains d'entre eux sont tués, quand ils ne sont pas arrêtés, torturés, violentés. C'est d'une extrême violence parce qu'elles poussent les familles à s'attaquer à leurs propres enfants. C'est vraiment une abomination." 

Aussi estime-t-elle que la lutte contre l'homophobie doit être menée "en France et en Europe contre les pays" où les homosexuels sont condamnés à la peine de mort. "C'est une obligation morale et c'est pour moi très important d'en parler. Ce n'est pas un combat fini, y compris en France."

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