Candidat à la primaire de la gauche, Jean-Luc Bennahmias veut faire "bouger les lignes"

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Invité de franceinfo vendredi, Jean-Luc Bennahmias s'est expliqué sur sa candidature à la primaire de la gauche. Il a notamment affirmé qu'il "soutiendrait le vainqueur quel qu'il soit".

Il fait partie des sept candidats retenus à la primaire de la gauche. Jean-Luc Bennahmias, président du Front démocrate et coprésident de l'Union des démocrates et écologistes (UDE), était l'invité de franceinfo vendredi 23 décembre.

Pour une "majorité progressiste réelle"

Selon un sondage Ifop paru le 4 décembre dans le Journal du dimanche, Jean-Luc Bennahmias ne récolte que 1% des intentions de vote à la primaire de la gauche. Mais le président du Front démocrate assume sa candidature : "Mon parcours politique, ce que j’essaie de faire depuis des années", c’est de faire "bouger les lignes politiques, de ne pas être sur de fausses majorités""S’il y a une primaire, c’est pour qu’il y ait des candidats et des candidates", a-t-il ajouté.

"Ce que je développe moi, c’est la majorité réelle. Et même la majorité progressiste réelle", a expliqué Jean-Luc Bennahmias, estimant que sa majorité va "de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon à l’électorat de Nathalie Kosciusko-Morizet, en passant par l’électorat d'Emmanuel Macron, les socio-démocrates, les écologistes". Il affirme se référer à ce "qu’ont fait nos grands anciens du Conseil national de la résistance :  des gens qui n’étaient pas d’accord sur tout et qui ont décidé de se mettre un peu d’accord sur comment remettre la France sur pied".

"Je ne conditionnerai pas mon soutien" au vainqueur de la primaire

Jean-Luc Bennahmias l'a affirmé : "Je soutiendrai le vainqueur à la primaire quel qu'il soit. Je ne conditionnerai pas mon soutien", tout en précisant qu'il exprimerait "un certain nombre de choses, notamment sur les dossiers écologiques, comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes".

Sur le dossier de la centrale nucléaire de Fessenheim, le président du Front démocrate s'est félicité du vote de la loi sur la transition énergétique. Et de rappeler : "Dans cette loi, il est dit que nous passons demain de 75% de production d’énergie électrique par le nucléaire à 50%. Pour passer à 50%, il faudra fermer bien plus que Fessenheim."

Il faut fermer au moins une douzaine de réacteurs nucléaires en France

Jean-Luc Bennahmias

à franceinfo

Manuel Valls, "son autorité ne me dérange pas"

Concernant Manuel Valls, que les sondages présentent comme le favori des sympathisants de gauche, "son autorité ne me dérange pas", a affirmé Jean-Luc Bennahmias. "Il vient de dire qu’il ne voulait plus de 49.3, les gens ont le droit de changer d’avis, a-t-il commenté. Moi je suis très content quand Manuel Valls change d’avis."

Le président du Front démocrate pourrait-il hésiter entre une candidature de Manuel Valls et de Yannick Jadot (EELV) à l'élection présidentielle ? "J’ai dirigé les Verts pendant des années. J’y ai passé 35 ans. Ce sont tous des amis. Mais si j’ai quitté les Verts, ce n’est pas pour rien, répond Jean-Luc Bennahmias. Jadot est un excellent candidat Vert. Mais je ne me vois pas revenir en arrière."

Pour un protectionnisme européen

Alors qu'Arnaud Montebourg, lui aussi candidat à la primaire de la gauche, défend le "made in France", Jean-Luc Bennahmias a lui opté pour le "produisons européen". "Je suis pour un protectionnisme européen et qu'on produise européen", a expliqué celui qui a été député européen pendant dix ans. Il estime ainsi "qu'il ne peut pas y avoir de socle social européen sans socle fiscal européen", notamment pour "éviter les distorsions de concurrence".

Sur la politique budgétaire, le coprésident de l’Union des démocrates et écologistes a estimé qu'"il faut respecter les critères européens" : "Je suis pour faire attention aux dépenses de fonctionnement. Mais je suis surtout pour de fortes dépenses d'investissement pour l'avenir."

Visionnez l'intégralité de l'interview de Jean-Luc Bennahmias