Benoît Hamon : "On ne peut pas continuer à réformer à coups de matraque"

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Invité sur franceinfo vendredi 4 mai, Benoît Hamon a notamment estimé à propos des réformes menées en ce moment, que le gouvernement faisait preuve d’une "forme d'étanchéité à toute forme de discussion".

Alors que le ton monte entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron qui se renvoient la responsabilité des violences du 1er-Mai, Benoît Hamon a estimé vendredi 4 mai sur franceinfo que "la violence symbolique [du gouvernement] créé forcément de la violence sociale""La violence des black blocs est indifférente à Emmanuel Macron et à Jean-Luc Mélenchon", balaye Benoît Hamon, qui considère qu'il faut quand même "réfléchir à cette radicalisation de la société française".

Pour le fondateur du mouvement Génération.s "quand on fait des gestes exclusivement en direction des plus riches on entretient des radicalités. Parce que [la] politique [d'Emmanuel Macron] est brutale". "Une politique qui piétine le dialogue sociale", accuse l'ex-candidat socialiste. Pour Benoît Hamon cette "violence symbolique créé forcément de la violence sociale".

À propos des réformes menées en ce moment, le gouvernement fait preuve d’une "forme d'étanchéité à toute forme de discussion".Concernant l'hôpital, l'école, les cheminots ou encore les universités, "on ne peut pas continuer à réformer à coups de matraque", dénonce Benoît Hamon.

Une manifestation intitulée "La Fête à Macron" aura lieu samedi à Paris à l'initiative du député de La France insoumise François Ruffin. Plusieurs syndicats, associations et partis politiques y seront présents, donc le mouvement Génération.s. Ce vendredi sur franceinfo son fondateur Benoît Hamon affirme que "personne n'a envie de se retrouver au milieu des gaz lacrymogène et des black blocs". Alors que gouvernement craint de nouvelles violences samedi, Benoît Hamon dénonce une "manipulation" et affirme que "personne n'a envie de se retrouver au milieu des gaz lacrymogènes et des black blocs".

L'ex-candidat socialiste qui balaye le critiques sur le nom donné à la manifestation, jugé violent par certains : "C'est un mauvais procès, c'est objectivement assez misérable", critique-t-il, affirmant qu'il "ne regrette pas [cette appellation]". "La violence elle ne sert pas ceux qui manifestent", estime Benoît Hamon qui insiste : "Aucun de ceux qui demain iront pique-niquer ou défiler, et j'appelle les Français à y aller nombreux, n'a envie que cette journée du 5 mai soit salie ou souillée par des violences".

Selon Médiapart le candidat Emmanuel Macron aurait bénéficié de ristournes importantes accordées par la société GL Events, dans le financement des meetings de sa campagne présidentielle. Son ancien adversaire socialiste l'affirme : si c'est le cas, il s'agit selon lui d'"un financement illégal de campagne électoral".

"Si ce sont des avantages liés à la campagne, c'est un financement illégal de campagne électorale, puisque les entreprises n'ont pas le droit de financer les campagnes", détaille Benoît Hamon. "Le fait de baisser une facture, c'est un financement déguisé" affirme le fondateur du mouvement Génération.s. Pour lui, "manifestement il y a un peu plus qu'un rabais par ci un rabais par-là".

Benoît Hamon tempère : "Cela n'invalidera pas l'élection d'Emmanuel Macron mais cela dit une chose : cela dit si oui ou non cette campagne a été financée honnêtement ou pas. Si c'était un financement illégal ce serait donc malhonnête", estime-t-il.

"Emmanuel Macron est moins européen qu'il n'est libéral"

Un projet de directive européenne sur le congé parental est discuté cette semaine au Conseil de l'Union européenne. Le texte prévoit de revaloriser l'indemnité pour les congés parentaux, et de rééquilibrer leur utilisation entre les hommes et les femmes. Une directive rejetée par la France, avec la Hongrie et l'Autriche. Benoît Hamon y voit la preuve qu'"Emmanuel Macron est moins européen qu'il n'est libéral""Son projet, c'est le marché avant d'être l'Europe" affirme Benoît Hamon, sinon [Emmanuel Macron] aurait choisi de soutenir un projet qui améliore la vie des Français et des Européens."

"Cela n'est pas neutre, poursuit l'ancien candidat socialiste, de faire ces choix-là qui sont des choix obsédés par la question des déficits budgétaires, au moment où notre pays a besoin d'un peu de baume, de quelques pansements et d'un peu de progrès." Pour le fondateur du mouvement Génération.s, Emmanuel Macron "ne fait pas le choix du progrès et c'est aussi pour cela qu'il y a beaucoup de violence, beaucoup de radicalité dans la société française".

Le 30 avril, cinq syndicats, la CFDT, la CFTC, la CG, FO et l'UNSA ont écrit une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour lui demander de soutenir cette directive européenne.

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