Affaires Darmanin et Hulot : Laurence Rossignol "choquée" que "le gouvernement s'arroge le pouvoir de dire que la victime ment"

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La sénatrice PS de l'Oise et ex-ministre des Droits des femmes, déclare lundi sur franceinfo, que "le gouvernement et la majorité parlementaire sont imprudents" dans la gestion des accusations visant deux ministres.   

Laurence Rossignol, sénatrice PS de l'Oise et ex-ministre des Droits des femmes, invitée de franceinfo lundi 12 février, a reproché "au pouvoir" son "imprudence" dans la gestion des affaires visant le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot et le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin. "Je suis très choquée, très inquiète que dans les deux cas, le choix qui est fait par le gouvernement et par la majorité parlementaire, c'est de dire 'la victime ment'", a déclaré Laurence Rossignol.  

"C'est tout ce contre quoi on se bat depuis que l'affaire Weinstein nous a permis de libérer la parole des femmes et d'angler notre réflexion sur la manière dont la parole des femmes est écoutée et entendue", a poursuivi la sénatrice socialiste. "Pour ces deux victimes-là, il a été décidé qu'elles mentaient parce que ce sont des hommes politiques puissants auxquels elles se sont attaquées", ajouté Laurence Rossignol.

Une "communication de crise" critiquée

Interrogée sur la réaction de la secrétaire d'État, Marlène Schiappa, publiée par Le Journal du Dimanche, le 11 février, jugeant l'article d'Ebdo sur Nicolas Hulot "irresponsable", Laurence Rossignol a jugé "la tribune malheureuse". "Cette tribune part du principe, comme tous les membres du gouvernement, que dans cette affaire, il y aurait spontanément une confiance à accorder à un des deux protagonistes, Nicolas Hulot", a estimé l'ex-secrétaire d'État PS.

Dans les affaires Darmanin et Hulot, Laurence Rossignol dit remarquer "une communication de crise", avec "toutes les techniques" qui vont avec. "Les mis en cause préemptent la communication (...) ce qui permet d'installer des éléments de langage et d'installer une vérité", estime-t-elle. "Dans l'affaire Hulot, c'est une 'rumeur'." Or, selon l'ancienne ministre, il n'y a "pas de rumeur", mais "des faits", comme "un dépôt de plainte".   

La plaignante dans l'affaire Nicolas Hulot, a attendu que les faits soient prescrits pour déposer plainte. "La victime ne voulait pas aller au procès. Mais elle voulait que, dans l’institution judiciaire, soit consigné le fait qu’elle considérait avoir été victime de viol (...). Je voudrais qu'on ait une pensée pour cette femme", a déclaré Laurence Rossignol.

Les "vieilles pratiques" du PS 

Par ailleurs, appelée à se prononcer sur l'un des quatre candidats en lice pour prendre la tête du PS, la sénatrice de l'Oise, a précisé qu'"elle ne soutient personne". Laurence Rossignol a estimé que le Congrès du parti prévu les 7 et 8 avril n'était "pas à la hauteur de la situation". Toutefois, l'ancienne ministre "votera et dira pour qui"

"J'attends qu'on reforme un véritable intellectuel collectif et qu'on range les vieilles pratiques", a lancé Laurence Rossignol. 

Regardez l'intégralité de l'entretien de Laurence Rossignol sur franceinfo le 12 février 2018.

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