Mouvement des gilets jaunes : le député RN Sébastien Chenu sera présent en qualité de "citoyen', pas en celle "d'élu"

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Le député du Nord et porte-parole du Rassemblement national était l'invité du 19h20 politique de franceinfo lundi 12 novembre.

Le mouvement des gilets jaunes se prépare à sa journée de mobilisation de samedi 17 novembre, pour protester contre la hausse du prix des carburants. Il a reçu le soutien de différents partis d'opposition, à l'image du Rassemblement national. Sébastien Chenu, porte-parole du parti et député du Nord, était l'invité du 19h20 politique de franceinfo, lundi 12 novembre. 

franceinfo : Vous allez manifester vous-même ?

Sébastien Chenu : Je serai présent en mon titre de citoyen, pas en celui d'élu. Je serai présent avec mes compatriotes parce que je pense que les Français n'en peuvent plus et qu'ils ont choisi ce mouvement pacifique pour exprimer leur mécontentement auprès du gouvernement. Nous avons depuis longtemps dénoncé ce dont les automobilistes sont victimes, parce qu'ils ont déjà subi la politique des radars, la hausse des PV, les contrôles techniques, aujourd'hui la hausse des carburants et que finalement c'est un nouvel impôt, une nouvelle fiscalité indirecte obligatoire qui tombe sur les épaules des automobilistes. Ce n'est pas acceptable.

Vu l'état de colère des Français vous ne craignez pas des débordements samedi ? Vous êtes pour les blocages ou pour les manifestations ?

Nous ne sommes pas organisateurs. Nous soutenons le mot d'ordre parce que nous considérons que les Français ont raison. Nous sommes pour la manifestation. Moi, je fais confiance à mes compatriotes dans leur sens des responsabilités. Les Français ont le choix. Certains vont mettre un gilet jaune, d'autres vont klaxonner, d'autres vont se rassembler tout simplement pour manifester une colère. On ne va pas commencer à faire peur aux Français en leur disant qu'il faut redouter des débordements, avoir peur de Français qui mettent un gilet jaune sur le devant de la voiture. Il faut se calmer, on n'a pas été foutu de ramener l'ordre avec les 'crados' de Nuit debout qui pendant deux mois ont mis la place de la République [à Paris] dans un état lamentable et là on va dire aux Français qui klaxonnent ou qui mettent un gilet jaune qu'il y a des débordements. Les Français ont notre soutien.

N'avez-vous pas de propositions pour aller vers une économie écologique ?

Si, bien sûr. Le gouvernement s'y est pris à l'envers. Nous proposons pour lutter contre le réchauffement climatique d'abord de ne pas se retrouver dans des impasses énergétiques. C'est-à-dire développer la filière de l'hydrogène, c'était dans notre programme présidentiel, donc c'est un autre choix que nous faisons. Nous sommes pour une politique d'aménagement du territoire parce que si on veut que les gens puissent circuler en transport en commun - je vous rappelle que presque 20 millions de Français n'ont pas accès aux transports en commun - il faut développer les transports en commun. Une autre politique que nous proposons c'est la politique d'aménagement du territoire. C'est l'inverse de celle du gouvernement qui, avec la réforme de la SNCF, va nous amener à fermer des lignes et des gares ouvertes il y a 15, 20 ou 30 ans. Et puis, nous pensons qu'il faut taxer le kérosène. En réalité, on s'abat sur les conducteurs qui eux n'ont pas le choix, ils sont devant la pompe à essence, et ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Mais par contre les grands groupes qui utilisent du kérosène pour faire voler des avions, eux, passent à travers les mailles du filet. C'est l'inverse qu'il faudrait faire. Vous voyez, nous avons des propositions différentes.

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