Mesures pour la Seine-Saint-Denis : "Un mini-plan au regard des maxi-inégalités" pour Patrice Bessac, maire de Montreuil

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Patrice Bessac, maire communiste de Montreuil, est l'invité de franceinfo le 31 octobre 2019.

Le Premier ministre a dévoilé jeudi 31 octobre une série de mesures en faveur de la Seine-Saint-Denis, un département qui fait face à des "difficultés hors normes", selon Edouard Philippe."Si on prend l'ensemble des 23 mesures, c'est un mini-plan au regard des maxi-inégalités de la Seine-Saint-Denis", a réagi sur franceinfo Patrice Bessac, le maire communiste de Montreuil. "Si c'est un premier pas, c'est ok et j'espère qu'il y en aura d'autres. Mais si on pense régler les problèmes de la Seine-Saint-Denis avec ce plan, à mon avis, on est à côté de la plaque."

Edouard Philippe a notamment annoncé le recrutement de 12 postes de magistrats supplémentaires, 35 postes de greffiers ainsi que de 50 officiers de police judiciaire. Patrice Bessac entend relativiser les annonces du Premier ministre. "Les magistrats, on en annonce quelques dizaines supplémentaires, sauf qu'il y a aujourd'hui 60 ou 70 postes déjà ouverts et non pourvus". Sur les effectifs des policiers, "nous en avons perdu, en quelques années, plusieurs centaines. Nous avons en masse des jeunes policiers et peu de policiers expérimentés. On nous en annonce 150, c’est-à-dire un peu moins de 0,03 supplémentaire pour 100 habitants". Le maire de Montreuil juge ainsi que le plan pour la Seine-Saint-Denis est "une goutte d'eau. Si c'est un premier pas, alors il faut vraiment persévérer et en faire d'autres rapidement. Si c'est le pas définitif, alors ça ou pas grand-chose, c'est la même chose."

"L'Etat ne joue pas son rôle"

Patrice Bessac rappelle que dans son département, "il y a moins de magistrats, de professeurs formés, moins de fonctionnaires d'Etat aguerris. On a un d'un côté un département qui accumule les inégalités sociales et de l'autre côté un investissement de l'Etat qui est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins important que dans des départements beaucoup mieux dotés". La Seine-Saint-Denis "est un département dans lequel l'Etat ne joue pas son rôle", martèle l'élu.

Malgré tout, Patrice Bessac voit "une bonne nouvelle dans la venue du Premier ministre. C'est que, enfin, le gouvernement se réveille sur la réalité française". Et il revient sur la qualification par Edouard Philippe de "département hors normes" pour la Seine-Saint-Denis. "J'aime bien ce constat. Je le trouve juste", assure le maire de Montreuil. "La Seine-Saint-Denis est une part de l'énergie française, une part de sa capacité de développement et d'envisager un bon avenir ensemble. Ce qui est aussi hors normes, ce sont les inégalités".

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