Le mouvement Place publique soutient la hausse des carburants mais critique "l'injustice fiscale" du gouvernement

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L'économiste Thomas Porcher a fondé le mouvement politique Place publique. Il soutient la hausse des carburants mais dénonce une "injustice fiscale" de la politique globale du gouvernement.

Thomas Porcher, économiste, membre fondateur du mouvement politique baptisé Place publique assure qu'il faut "rehausser les carburants pour entraîner un rééquilibrage des fiscalités entre le diesel et l’essence", mais il dénonce "l’injustice fiscale de la politique fiscale d’Emmanuel Macron". Cette "injustice fiscale" est "difficilement acceptable pour les populations", affirme Thomas Porcher.

franceinfo : "Vous n'êtes pas le bienvenu ici", a déclaré un ouvrier de Renault qui a interpellé Emmanuel Macron. Comprenez-vous l'attitude de cet ouvrier ?

Thomas Porcher : Je comprends que cet ouvrier soit mal à l’aise avec ce qu’il se passe fiscalement. La hausse de la fiscalité du carburant a été fixée avant. Il faut rehausser les carburants pour entraîner un rééquilibrage des fiscalités entre le diesel et l’essence. Mais, le problème, c'est quand on regarde la politique de Macron, ce ne sont que des cadeaux qui ont été faits aux très riches. Vous avez 12 milliards économisés sur les collectivités territoriales et de l’autre côté, ces économies-là on les compense par des hausses d’impôts sur le carburant et le tabac. Donc, je pense que la question globale de ce malaise que ressentait cet ouvrier, c’est l’injustice fiscale de la politique fiscale d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas juste la hausse des carburants.

Vous faites partie des rares qui sont pour la hausse du prix des carburants ?

Il n’y a rien aujourd’hui qui justifie qu’on donne un avantage fiscal au diesel qui est plus nocif pour la santé, donc il faut trouver un moyen pour que cette transition se fasse en douceur. Mais, si d’un côté vous donnez des avantages fiscaux à ceux qui n’en ont pas besoin et que de l’autre vous augmentez la fiscalité sur ceux qui en ont besoin et qui sont dépendants de leur voiture, il y a une injustice fiscale qui est difficilement acceptable pour les populations, et je le comprends.

Que pensez-vous du mouvement qui appelle à bloquer le pays le 17 novembre ?

L’ajustement de la transition du diesel à un autre type de carburant ou à la voiture électrique se fait uniquement sur le consommateur. Le producteur de voiture diesel -Renault ou Peugeot- on lui baisse sa fiscalité, de 33% à 25%. Se focaliser uniquement sur les carburants, c’est idiot. Sur le fond, ce sont des gens en colère et qui essayent de se réunir. La colère est un moteur pour se réunir, mais il faut aller plus largement que la hausse de la fiscalité des carburants.

Votre mouvement Place publique, est-ce un mouvement de gauche ?

C’est un mouvement de gauche, écolo, transeuropéen. On est parti de quatre urgences : démocratique, écologique, sociale et européenne. On appelle tous les gens activistes, engagés dans des associations, on les invite à nous rejoindre pour co-construire ce programme. En moins de 48h, on a 5000 adhésions, donc c’est pas mal. S’il y a un élan, pourquoi ne pas présenter une liste [aux européennes].

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