Franck Mathais (JouéClub) : "Pour réussir Noël, il est nécessaire que les magasins de jouets puissent ouvrir"

Le Père Noël a-t-il du souci à se faire pour sa tournée de jouets de l’année 2020 ? Stéphane Dépinoy reçoit Franck Mathais, porte-parole de JouéClub.

Les magasins de jouets semblent très affectés par le confinement, alors qu’ils étaient sur une bonne dynamique depuis plusieurs mois. Franck Mathais, porte-parole de l’enseigne JouéClub (cumulant 300 magasins en France) milite pour leur réouverture : "Le père Noël va passer le 25 décembre, quoi qu’il arrive. Les Français ont besoin besoin de faire ce Noël. Dans nos magasins, nous avons des mesures de protection sanitaires qui garantissent la sécurité sanitaire. Mais nous sommes prêts à aller plus loin, à augmenter la jauge et à augmenter l’amplitude horaire des magasins, afin de que la fréquentation soit la plus lisse et calme possible."

"Les clients désertent le click and collet, car ils ont besoin de voir les jouets de près avant de les acheter"

Mais pourquoi rouvrir spécifiquement les magasins de jouets ? Franck Mathais le justifie par une trop faible adhésion des consommateurs au click and collect : "Techniquement, cela fonctionne très bien. Mais les clients ne sont pas réceptif à ce type d’achat, car ils veulent voir les produits, les connaître. Les premiers compagnons de jeu des enfants à Noël, ce sont les parents. Eux et les grands-parents regardent les produits sur les catalogues, mais veulent ensuite se rendre compte de dimension, du rapport qualité-prix, de la fonctionnalité… Et ils veulent aussi avoir des conseils. Nos études montrent que les clients préfèrent venir en magasin, pour 78 % d’entre eux. Le click and collect n’est donc pas la solution que nos clients préfèrent pour faire leurs achats de Noël. 10 % de nos ventes se font sur internet, le double de l’an dernier, mais cela veut dire que chaque jour on perd 90 % de notre chiffre d’affaire." Il relativise l’utilité d’Amazon, qui représente une forte concurrence au moment où les magasins physiques sont contraints de fermer : "On est tous concernés par la concurrence d’Amazon, mais il y a une différence dans le marché du jouet : tous les stocks sont déjà dans les magasins, donc Amazon n’a pas le stock suffisant pour répondre à l’ensemble de la demande des Français. 80 % du marché aujourd’hui n’est pas accessible aux consommateurs qui voudraient aller sur internet. Il est donc nécessaire, pour réussir Noël, que les magasins puissent être ouverts."

Franck Mathais justifie également cette chute des achats par une temporisation des clients vis-à-vis d’une éventuelle réouverture prochaine : "Il y a peut-être une situation d’attentisme de la part de nos clients, car le gouvernement a laissé 15 jours pour mettre à jour la situation. Si nous pouvons ouvrir le 13 novembre, cela laisse suffisamment de temps pour faire en sorte de faire ses achats sans se précipiter dans les magasins" explique Franck Mathais, qui dit avoir de l’espoir pour une réouverture prochaine des magasins de jouets : "Nous travaillons avec le gouvernement pour apporter des solutions, et faire en sorte que la sécurité sanitaire soit renforcée. Et ce afin de garantir davantage la sécurité de nos consommateurs."

"Les enfants Français sont les plus gâtés d’Europe à Noël. Il faut laisser les magasins de jouets ouverts pour permettre aux parents de venir en toute sérénité"

Une fermeture des magasins qui se prolongerait serait particulièrement néfaste en France, aux yeux du porte-parole de JouéClub : "Chaque enfant recoit en moyenne 250 euros de cadeaux, pour environ 8 cadeaux. Les enfants Français sont les plus gâtés d’Europe à Noël." Il dit ne pas craindre une baisse significative de ce montant : "L’enfant est la priorité des familles. Donc on va se sacrifier entre adultes et acheter moins de choses pour ses amis. Mais les enfants commandent au Père Noël, qui est chaque année toujours aussi généreux. Il faut donc faire en sorte que les gens puissent venir, en toute sérénité, calmement, faire leurs achats de Noël, avec des personnes qui sont là pour les accompagner et conseiller." Il se montre en faveur d’une évolution du protocole sanitaire pour permettre de garantir la sécurité de tous : "Nous pourrions augmenter l’amplitude d’horaire des magasins, en ouvrant plus tôt et en fermant plus tard, afin de lisser la fréquentation."

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