Xavier Jaravel (Prix du Meilleur jeune économiste) : « Une taxe sur les robots pourrait être contre-productive »

Xavier Jaravel, lauréat du Prix du Meilleur jeune économiste, est l’invité de Stéphane Dépinoy dans la matinale de France Info. 

Décerné par le journal Le Monde et le Cercle des économistes, le prix du meilleur jeune économiste a été remis à Xavier Jaravel pour ses travaux. "C’est un grand honneur mais c’est surtout l’aboutissement d’un travail d’équipe." Parmi les thèmes de prédilection de l’économiste, les innovations et les inégalités. Concernant la robotisation, Xavier Jaravel estime qu’elle n’est pas l’ennemie de l’emploi. "Les entreprises qui automatisent augmentent leurs effectifs par rapport à celles qui n’automatisent pas. Cela nous a surpris car on pensait que l’emploi diminuerait. Il y a également un effet de taille de marché et de productivité." Pour illustrer son propos, l’économiste prend l’exemple de l’Allemagne : "C’est un pays qui a beaucoup plus d’emplois industriels que la France et qui automatise beaucoup plus." 

Alors que certains sont favorables à l’instauration d’une taxe sur les robots, Xavier Jaravel estime que "cette proposition peut être contre-productive". Il s’explique : "Si on le fait seul, on s’expose à la concurrence de ceux qui vont encore utiliser des robots."

Autre sujet sur lequel l'économiste a orienté ses recherches : les innovations qui créeraient des inégalités. "L'ascenseur social est en panne dans le monde de la tech. Souvent, on le présente comme un problème d'inégalités mais ce qui nous a surpris, c'est que l'ampleur est telle que c'est aussi un problème de croissance." Xavier Jaravel estime que cela coûte environ 0,25 point de croissance par an soit 5 milliards d'euros. 

Membre du Conseil d'Analyse Economique, il juge que le Crédit Impôt Recherche n'est pas correctement ciblé. Il recommande de mettre sur la table 100 millions d'euros afin "d'utiliser tous les leviers" et ainsi réduire les inégalités face à l'innovation. 

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