Philippe Etchebest : "Près de 250000 emplois du secteur de l’hôtellerie-restauration risquent de disparaître cette année"

Philippe Etchebest, chef cuisinier et animateur de télévision, était l’invité de Clémence de la Baume dans « :l’éco ». Il a discuté de la fermeture des bars et restaurants en Guadeloupe et dans la métropole d’Aix-Marseille, où les professionnels du secteur manifestent.

"Je suis solidaire avec les restaurateurs de Marseille, d’Aix-en-Provence et de Guadeloupe » a déclaré d’emblée Philippe Etchebest, qui s’affiche particulièrement remonté contre les dernières mesures gouvernementales. Il dénonce des mesures qu’il considère comme injustes. "C’est une incompréhension totale. Pourquoi stigmatise-t-on notre profession ? Nous ne sommes pas plus dakngereux que les gens qui mangent chez eux. Tout est pourtant cadré : le gel, les masques… Une rigueur grande rigueur est appliquée. Je ne vois pas pourquoi nous sommes montrés du doigt."

Mais surtout, le chef cuisinier dit craindre que ces mesures ne marquent que le début de mesures restrictives pour l’ensemble de son secteur d’activité. "Je redoute terriblement une fermeture globale des restaurants sur tout le territoire. Ce serait une deuxième vague dramatique pour la profession. Depuis plusieurs mois, j’ai annoncé des faillites et du chômage en masse d’ici la fin de l’année… Mais avec ces nouvelles mesures, cela risque d’arriver beaucoup plus vite." S’il dit "comprendre qu’il y ait un manque de discipline, expliquant la situation actuelle", il préconise, en lieu et place des nouvelles restrictions, d’effectuer de meilleurs contrôles sanitaires, tout en laissant ouverts les établissements qui appliquent correctement les règles.

Philippe Etchebest ne semble également pas se réjouir des nouvelles mesures d’aides annoncées par le Premier Ministre Jean Castex, la veille sur France 2 (exonération de cotisations, renforcement du fonds de solidarité…). "Cela fait un moment que nous réclamons des aides importantes, et nous n’avons pas vu grand chose venir, à part des prêts garantis par l’Etat et reports de charges qu’il va falloir rembourser de toutes façon. Certes, il y a le fonds de solidarité qui octroie des aides qui va être renforcé jusqu’à 10000 euros, mais ce n’est pas pour tout monde : il faut rentrer dans des cases pour les obtenir, et cela ne suffit même pas à payer le loyer. C’est du vent. Les promesses ne suffisent plus, il faut maintenant vraiment agir." Il énonce ses souhaits pour qu’il y ait des mesures vraiment efficaces : "Il faudrait continuer le chômage partiel jusqu’à la fin de la crise. Je pense aussi qu’il faut également baisser la TVA, et pratiquer des exonérations de charge complètes qui aurait un effet immédiat. Les représentants syndicaux doivent se rassembler aujourd’hui, et porter d’une même voix ce discours auprès du gouvernement. Ils vont taper fort."

Philippe Etchebest note que ce ne sont pas seulement les restaurateurs qui sont pénalisés par la suspension de leur activité. "Il y a de nombreuses entreprises, tout un secteur économique qui bénéficie de notre activité. Ce sont des milliers d’emplois qui sont aussi en danger. J’annonçais 30 % de faillites d’ici la fin de l’année, mais cela va arriver très vite si on ne fait rien. En tout, près de 250000 emplois dans le secteur de l’hôtellerie-restauration risquent de disparaître cette année."

Les restaurateurs devront-ils se réinventer pour survivre ? "Je préfère le mot s’adapter. Dans notre métier, un entrepreneur a la faculté de s’adapter et d’anticiper. Mais jusqu’à quel niveau, jusqu’à quand, et comment ? Chacun son métier. Nous nous adaptons, mais au gouvernement de trouver des solutions, car la situation devient très compliquée."

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