Lola Vallejo (IDDRI) sur le réchauffement climatique : "Ça devient de plus en plus tangible"

Lola Vallejo, Directrice climat à l’IDDRI, était l’invitée de Stéphane Dépinoy ce vendredi 24 juin sur FranceinfoTV.

Cette semaine, des experts sont venus à la rencontre des nouveaux députés pour les former et les sensibiliser aux enjeux climatiques. Lola Vallejo, Directrice climat à l’IDDRI et invitée de Stéphane Dépinoy ce vendredi, faisait partie de ces experts. Elle dresse un premier bilan des formations : "On a à peu près un tiers des nouveaux députés élus qui sont venus nous écouter pour des formations de « premier secours » d’une demi-heure à peine". Toutes les formations politiques ont envoyé un représentant, mais elle note un contingent d’élus plus important pour la NUPES. "C’est des partis qui ont mis ces éléments-là au cœur de leurs projets politiques" remarque Lola Vallejo. Elle souligne cependant que la démarche est apartisane et que tous les partis politiques devraient se saisir de ces enjeux climatiques.

Lola Vallejo est revenue sur le terme de planification écologique, repris par Emmanuel Macron et en a souligné l’importance : "Ce que nous on met derrière ce terme, c’est qu’il faut avoir des objectifs ambitieux à long-terme, à moyen terme et à court-terme, et aussi une volonté politique forte pour les mettre en œuvre, en regard de ça, il faut des moyens, des investissements". Elle juge positive que celle-ci soit placée sous l’autorité de la Première Ministre pour que les arbitrages entre ministères soient favorables à la transition, mais aussi car cela répondrait au besoin de continuité dans le temps pour la mener à bien.

D’après la Directrice climat de l’IDDRI, la priorité serait d’agir sur le secteur du transport, qui représenterait 30 % de nos émissions en France, ainsi que la baisse de notre dépendance au pétrole ou au gaz. Cette dépendance, notamment envers la Russie, pourrait être réduite selon elle par la rénovation thermique massive des bâtiments ou bien… la baisse de la vitesse sur les autoroutes, mesure aujourd’hui toujours impopulaire. Cela pourrait néanmoins se faire de manière volontaire et incitative : "C’est pas des solutions structurelles, mais à très court-terme, ça peut être des mesures d’urgence, qui peuvent permettre de faire baisser les factures des ménages et aider l’Ukraine". Car nous serions déjà dans l’urgence climatique : "Ça devient de plus en plus tangible pour beaucoup de personnes". Lola Vallejo conclut : "Il faut absolument réduire très fortement nos émissions parce que, sinon, on aura des effets dans 20 ans qui seront beaucoup plus importants".

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