VIDÉO. Philippe Martin : “La phase de reprise se passe bien, mais les plans de licenciement, le chômage qui va augmenter, peut-être des faillites, ça va certainement plomber l’ambiance à partir de septembre-octobre"

Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), était l'invité de :l'éco ce vendredi 10 juillet 2020.

Pour Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), il faut maintenir l’économie français sous perfusions. “L’économie française, en particulier la consommation, repart bien. Mais il n’y a pas de fort rattrapage. Il y aura certainement besoin de relances à l’automne. Les problèmes de liquidités des entreprises ont été plutôt bien gérés par l’État avec le prêt garanti par l’État (PGE), mais il reste des problèmes de solvabilité, donc potentiellement des faillites à l’automne-hiver. On préconise un plan de relance où il y a un certain nombre de choses à faire sur les entreprises, en particulier un grand plan anti-faillite. Aujourd’hui la phase de reprise se passe bien, mais les plans de licenciement, le chômage qui va augmenter, peut-être des faillites, ça va certainement plomber l’ambiance à partir de septembre-octobre.

Le président délégué du CAE défend une baisse du coût du travail. “La meilleure mesure certainement c’est des primes à l’embauche, parce que le chômage augmente pas tant que ça à cause des licenciements mais parce que les embauches s’effondrent. Il faut aider les entreprises à embaucher. On préconise une aide forfaitaire de 200 euros par embauche, par mois, et qui serait augmentée à 300 euros pour les jeunes, parce que les jeunes qui arrivent sur le marché du travail sont ceux qui sont le plus en risque de ne pas trouver d’emploi.

Philippe Martin préconise une revalorisation de certaines aides. “Pendant le confinement, les ménages modestes ont moins épargné que les ménages plus riches, parce que leur consommation a moins baissé. Ils vont se retrouver dans une situation, où le chômage frappe plus les moins qualifiés, donc les ménages plus modestes. Il faut par exemple doubler l’allocation de rentrée scolaire pour les ménages modestes, et peut-être faire d’autres transferts pour les étudiants, les travailleurs précaires. On préconise un chèque vert qu’il faudrait dépenser avant la fin de l’année sur un certain nombre de produits labellisés pour la transition environnementale.

Philippe Martin sur la transition écologique. “La moitié du plan de relance est sur des questions de long terme et une grande partie sur la transition écologique. Contrairement à des transferts sociaux, à des mesures de court-terme, ça prend du temps. Il ne faut pas penser que ça va faire de l’emploi très rapidement, disons dans les six mois qui viennent. Ce type de mesures, en faveur de l’environnement, crée de l’emploi à moyen terme, disons à deux ans. Donc c’est très positif.

Pourquoi les gouvernements ne vont-ils pas plus loin et plus vite ? “Ce n’est pas si simple. Il faut qu’il y ait des entreprises qui aient les compétences. En France, on a un problème de compétences sur un certain nombre de PME, par exemple sur la transition énergétique, sur la rénovation thermique. C’est pour ça que ça prend du temps. Mais jusqu’ici on n’a pas bien réussi à faire toutes ces rénovations. C’est un des enjeux de cette relance.

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