Olivier Lascar (Sciences et Avenir) : '"Si Elon Musk est un oignon, si on pèle l’oignon, au centre de tout ça, il y a le projet martien".

Olivier Lascar, Rédacteur en chef du pôle digital de Sciences et Avenir et auteur du livre à paraître « Enquête sur Elon Musk, l'homme qui défie la science », était l’invité de Jean-Paul Chapel sur Franceinfo ce mardi 3 mai.

Invité de Jean-Paul Chapel ce mardi, Olivier Lascar, auteur du livre à paraître « Enquête sur Elon Musk, l'homme qui défie la science » a évoqué le prochain rachat de Twitter du milliardaire pour 44 milliards de dollars : "Il a les moyens, il a sécurisé plusieurs lignes de crédit notamment auprès de la banque Morgan Stanley, il a vendu une petite partie de ses actions Tesla". D’après Olivier Lascar, ce grand utilisateur de Twitter qui l’utiliserait "de manière compulsive" rachète le réseau à l’oiseau bleu avant tout pour se faire plaisir : "C’est une démarche un peu à la Trump, qui avait aboli l’utilisation de tous les médias traditionnels pour se constituer une fan base".

Olivier Lascar est également revenu sur la personnalité d’Elon Musk. Selon lui, sa conception "extrême" de la liberté d’expression pourrait être dangereuse : "Sans modération, ça pourrait vite partir à vau-l’eau". Il reconnaît que ce passionné de science-fiction aux allures d’Iron Man "a l’air assez perché", mais obéit toutefois à un projet qui a sa propre logique : "Il est extrêmement honnête, de son point de vue, il s’est fait une image de ce que doit être le futur (…) et il veut l’appliquer au réel, après il faut questionner la pertinence de ce projet". Le centre de cette logique serait la colonisation de Mars avec le projet des fusées réutilisables Space X : "Si Elon Musk est un oignon, si on pèle l’oignon, au centre de tout ça, il y a le projet martien". Malgré l’ambition du projet d’aller sur Mars, Olivier Lascar souligne qu’il ne faut pas le prendre « pour un zozo » : "Dans ses nouveaux projets, il ne faut pas le prendre par-dessous la jambe, il faut regarder ce qu’il fait pour pouvoir, éventuellement, poser des garde-fous". Le rédacteur en chef de Sciences et avenir relève cependant le paradoxe de ce projet qui s’est développé grâce à la NASA et à l’argent public : "Sans les fonds publics de la NASA, du département de la défense des Etats-Unis, il y aurait pas Space X".

Olivier Lascar a enfin abordé les deux projets problématiques d’Elon Musk. Le premier est la société Neuralink qui développe des implants cérébraux pour commander des ordinateurs par la pensée. Si Olivier Lascar affirme que cela est légal dans un cadre médical pour traiter la maladie de Parkinson par exemple, cela n’est pas le cas pour les implants récréatifs que voudrait développer Elon Musk : "Lui, ce qu’il veut, c’est qu’on soit implanté pour jouer aux jeux vidéo par la tête, qu’on ait une vision comme celle de Terminator". Le second est son projet Starlink, qui vise à coloniser l’orbite terrestre en y installant 12 000 satellites : "Il bouche le terrain, il crée des embouteillages, il empêche les astrophysiciens de travailler normalement en observant les cieux, et ça, il l’a fait à marche forcée sans demander son avis à personne, c’est ça le vrai problème Elon Musk".  

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