François Asselin (CPME) : "En cas de reconfinement, je demande à renforcer les aides : le gouvernement doit aller au jusqu’au bout".

Les PME pourront-elles survivre à une restriction des mesures sanitaires ? Pour y répondre, le président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), François Asselin, était l’invité de Jean-Paul Chapel dans ":l’éco".

"Un possible reconfinement serait très compliqué à surmonter pour les PME" prévient François Asselin, président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises). "Si on arrête les aides en place, un grand nombre d’entre elles ne survivront pas. De nombreux secteurs, au-delà de l’hôtellerie restauration sont  panne sèche, comme celui de l’habillement. C’est l’ensemble du commerce traditionnel qui est touché. Nous sommes dans un confinement nocturne qui impacte les habitudes des consommateurs qui se renferment sur leur coquille, et les investisseurs qui commencent à hésiter face à des lendemains incertains. Donc les entreprises souffrent, et s’il fallait resserrer les restrictions sanitaires, il faut que le gouvernement aille jusqu’au bout et qu’il augmente les aides."

"Prolonger d’un an le remboursement du PGE, traiter le problème des loyers et étaler ses dettes grâce à un prêt de consolidation : trois mesures simples à mettre en place immédiatement "

Mais quelles aides ont la préférence de François Asselin pour être renforcées ? "Il va falloir augmenter les scénarios de sorties du prêt garanti par l’État. De nombreuses entreprises ne seront pas en état de rembourser leurs PGE au 1er avril." À cette date, il ne restera en effet qu’un an de prêt, pour normalement cinq ans de remboursement : "Il faudrait pouvoir surseoir et avoir une deuxième année de franchise. Car si les entreprises ne peuvent pas rembourser, il faudra qu’elles prennent la direction du tribunal de commerce, et l’Etat ne pourra pas récupérer l’argent prêté" déclare François Asselin, qui considère comme "une option" un début de remboursement des prêts en 2022, et non en 2021 comme prévu : "Soit vous avez les capacités de rembourser et vous le faites ; soit vous n’avez pas les capacités, et là vous pouvez décaler d’une année supplémentaire. Bruno Le maire est favorable à ce dispositif, prônant le cas par cas. Nous considérons que le cas par cas veut dire que vous laissez seul l’entrepreneur avec son banquier, et dans le contexte actuel, cela risque de ne pas bien se passer ; il faut donc aussi faire en sorte de pouvoir étaler l’ensemble des dettes. Enfin, il faut traiter le problème des loyers : nous demandons qu’il y ait un crédit d’impôt pour les bailleurs non professionnels qui justifient que le locataire (donc les artisans et commerçants en panne d’activité) n’est pas en capacité de les payer." Annoncée hier, François Asselin considère comme "nécessaire dans le contexte actuel" le report de la réforme de l’assurance chômage au 1er avril 2021. Il maintient toutefois qu’il est nécessaire qu’elle soit appliquée, si tant est que la situation sanitaire se soit apaisée d’ici le printemps : "Il ne faut pas abandonner cette réforme, car elle est bonne sur le fond. Le meilleur système assuranciel en matière de chômage est de pouvoir indemniser correctement celui qui a un accident de parcours professionnel, et en même temps le raccrocher le plus rapidement au marché du travail."

"Je plaide pour réactiver les fonds mutualisés de formation pour les PME de plus de 50 salariés"

A ensuite été abordé le thème du chômage partiel de longue durée, dont les trois quarts des 3600 accords signés l’ont été dans les Petites et moyennes entreprises : "Le chômage partiel de longue durée permet de suspendre le contrat de travail et réembaucher lorsque meilleure fortune reviendra. On voit que cela fonctionne bien." Mais les employés au chômage en profitent-ils pour se former, ce dont déplore le gouvernement ? "Il y a une co-responsabilité, celle du salarié qui doit activer son compte personnel de formation pour trouver une formation qui lui permette de « profiter » de cette période de chômage de longue durée, mais aussi celle de l’employeur. Mais malheureusement, les employeurs ont perdu la main : dans les PME de 50 à 300 salariés, ils n’ont plus les fonds mutualisés de formation pour mettre en place des projets de formations. Nous demandons donc leur réintroduction."

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