Franck Riester : « Si les États-Unis persistent à mettre des tarifs douaniers sur des produits Européens, l’Europe ne laissera pas ses entreprises seules : elle appliquera aussi des barrières douanières »

Franck Riester, ministre chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, était l’invité de Jean-Paul Chapel « :l’éco ». L’occasion de discuter de l’opposition Veolia/Suez, de la guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis et du Brexit.

Interrogé sur la position du gouvernement sur l’affaire Veolia/Suez, Franck Riester déclare que l’État, qui est actionnaire d’Engie, demande à ce que "toutes les parties puissent s’entendre, pour proposer un projet industriel à la hauteur des enjeux". "Les secteurs de l’environnement, de la ville durable sont des secteurs essentiels pour l’économie française. Il y a un développement considérable autour de ces secteurs d’activité, et nous devons avoir à l’issue de ces tractations un dispositif France encore plus performant. L’État est mobilisé pour faire en sorte qu’il y ait un accord qui soit positif en terme de dispositif industriel et commercial : pour que la France continue d’être parmi les leaders mondiaux dans le secteur de l’environnement, tout en n’étant pas au détriment de l’emploi." Il regrette l’absence d’acteurs français lorsque la collectivité fait un appel d’offre dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

Concernant le commerce extérieur, Franck Riester a donné sa vision sur le conflit commercial avec les États-Unis, auxquels l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a permis d’émettre des taxes sur des produits Européens comme Airbus, en forte concurrence avec Boeing : "On ne se réjouit pas de cette situation. On préférerait qu’il n’y ait pas de guerre commerciale, et que les États-Unis retirent les tarifs douaniers qu’ils ont appliqués. L’Europe, qui ne veut pas laisser ses entreprises en fragilité par rapport à ses concurrents internationaux, a obtenu de son côté des sanctions possibles, dont le montant sera à préciser le 13 octobre prochain par l’OMC. On prendra ensuite les décisions au niveau Européen de taxer tel ou tel produit américain. Mais notre message aux États-Unis doit avant tout être de leur dire qu’il faut que nous trouvions un accord : Faisons en sorte de supprimer les barrières douanières plutôt que d’en ajouter. Mais si les États-Unis continuent sur ce chemin, l’Europe ne laissera pas ses entreprises seules et appliquera aussi des barrières douanières."

L’autre grand sujet international est le Brexit. Sur cette question, Franck Riester affirme que le gouvernement se prépare à toute éventualité : "On préfèrerait un accord. Mais s’il ne devait pas y en avoir un, il faut que l’Europe et la France soient prêtes, et que les entreprises se préparent. Le travail interministériel que nous faisons nous aide à suivre ce sentier. J’invite toutes les PME qui ont des échanges avec des entreprises britanniques à travailler avec Business France (opérateur des entreprises françaises à l’international) pour voir de quelle manière elles doivent se préparer à un éventuel « no deal ». Pour autant, on mobilise toute notre énergie derrière le négociateur européen Michel Barnier pour trouver un accord, et avoir des échanges aussi nombreux, voire davantage demain après le Brexit… Mais il ne faut pas qu’ils soient au prix d’un dumping qui mettrait nos entreprises dans une situation de concurrence déloyale par rapport aux entreprises britanniques. Nous allons surveiller de nombreux secteurs, tel que le commerce équitable, ou la pêche : il faut que nos pêcheurs continuent à pouvoir pêcher dans les eaux britanniques. Enfin, il faut veiller à la gouvernance d’après Brexit entre les britanniques et l’Union Européenne : lorsque l’on se rappelle que les britanniques se sont déjà assis sur leur signatures, cela inspire la méfiance".

L’entretien s’est achevé avec "Nos célébrations" d’Indochine.

Vous êtes à nouveau en ligne