François de Closets (journaliste) sur la génération Boomers : "Elle a tout pris pour elle"

François de Closets, journaliste et auteur du livre "La parenthèse Boomers" était l’invité de Jean-Paul Chapel ce lundi 30 mai sur Franceinfo.

François de Closets, journaliste et auteur du livre "La parenthèse Boomers" a d’abord rappelé le concept de "Boomers" : "C’est les générations très nombreuses qui sont nées après la guerre, entre 45 et 60". D’après lui, cette génération a bénéficié d’un contexte politique, sanitaire et économique très favorable (de 1970 à 2020), mais aurait tout pris en ne pensant pas à la prochaine : "Elle a tout pris pour elle et elle a tout reporté les charges sur ses enfants, ce qui illustre notamment l’histoire de la dette, mais pas seulement". Les boomers auraient par exemple préparé pour eux une retraite dorée pour la période de l’existence que François de Closets appelle "senior" (entre 60 et 75 ans), mais n’auraient pas anticipé la période de dépendance qui suit au grand âge : "Elle n’a pas pensé qu’après, elle allait se retrouver à 90 ans, ce qui lui arrive maintenant et là, il y a rien de prévu". Car cette dépendance ferait face selon lui à plusieurs défis que sont le financement d’une part, la volonté des personnes de grand âge de vieillir chez eux tout en luttant contre l’isolement d’autre part, mais aussi le manque de ressources humaines. "Il y a pas beaucoup de gens qui veulent s’occuper des personnes plus âgées" remarque le journaliste.

François de Closets met également en cause la règle du droit acquis ainsi que la clause du grand-père, ce qui lui permet d’établir une comparaison entre le "toujours plus" du corporatisme et celui des générations : "Les boomers font des réformes sur le dos de leurs enfants, c’est eux qui auront de moins bonnes retraites, mais eux gardent leurs retraites en or". Dans son livre, le journaliste envisage donc des solutions pour traiter ces problèmes. "Les Français ont 10 ans d’espérance de vie en bonne santé de moins que les Suédois donc il faut apprendre à vieillir". Apprendre à vieillir, c’est établir à partir de 50 ans "une feuille de route" et faire plus de prévention. Il faudrait aussi repousser l’âge de départ à la retraite non pas pour les métiers pénibles, mais pour ceux qui le peuvent : "Pour les autres, qui se trouvent à 60 ans dans la situation où nos pères étaient à 50 ans, prendre la retraite, se mettre, ce que tout le monde oublie, à la charge de leurs enfants, c’est aberrant".

Concernant les entreprises qui ne souhaiteraient pas conserver les plus âgés en emploi, il réplique : "Évidemment qu’on doit travailler autrement, évidemment qu’il doit y avoir des périodes où on alterne le travail et la retraite, tout ça reste à inventer". François de Closets conclut : "N’allez pas croire qu’en éliminant des gens du marché du travail vous favorisez la lutte contre le chômage, c’est le contraire. C’est en travaillant que vous créez des emplois et non pas en vous reposant".                                                                                          

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