François Roudier (PFA) : "Le marché automobile Français va souffrir terriblement".

François Roudier, Porte-parole de la Plateforme de la filière automobile (PFA), était l’invité de Jean-Paul Chapel ce lundi 02 mai.

Après les très mauvais chiffres du marché automobile à -22 % sur un an, François Roudier affirme que l’année 2022 sera très compliquée pour le secteur : "Le marché automobile Français va souffrir terriblement comme tous les marchés européens". Le porte-parole de la Plateforme de la filière automobile invité de Jean-Paul Chapel ce lundi confirme qu’avec une réduction du tiers du marché par rapport à 2019, nous sommes rentrés dans une crise inédite très différente de celle de 2008-2009. Elle serait expliquée par la crise des semi-conducteurs qui s’éternise : "On s’est retrouvé avec un trou dans la chaîne de fabrication". D’après lui, de nouvelles usines auraient été construites en Chine pour faire face aux pénuries, mais le COVID et les restrictions sanitaires dans ce pays viennent compliquer la reprise. La guerre en Ukraine n’aide par ailleurs pas les constructeurs : "Vous aviez des productions de harnais électriques (…) qui ont été stoppées car ils se fabriquaient en Ukraine". Ce qui produit des retards allant de "3 mois à 9 mois" avec certains véhicules qui seraient totalement indisponibles à la commande. Les voitures à fortes marges et électriques sont donc favorisées et privilégiées.

François Roudier explique donc que les prix des voitures augmentent à cause de deux facteurs : "la fin du pricing power" ou autrement dit, la fin des réductions et des remises de la part des constructeurs, mais surtout à cause des hausses des cours des matières premières nécessaires à la fabrication des véhicules : "Ce que vous avez vu sur le carburant, se répercute aussi sur tous les matériaux à la fabrication auto". Pour faire face à la hausse des prix et aux pénuries, l’alternative des voitures d’occasion serait d’après lui de moins en moins possible : "On voit une baisse de l’occasion". Le marché le plus actif en occasion serait ce qu’il appelle "les sorties de grange", les véhicules les plus anciens "avec une empreinte écologique de véhicules qui ont été étudiés il y a 30 ans".

François Roudier note cependant une forte progression de la filière électrique dans ce marasme : "On voit qu’il y a une vraie appétence, ça, c’est important pour nous, compte tenu des milliards d'investissement qui ont été faits dans cette filière". Une progression d’autant plus importante selon lui qu’ "on a une des pires crises de l’histoire de l’automobile, en même temps où on est en pleine transformation de la filière vers l’électrification de toutes les chaînes de tractions".

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