Antoine Delon (Linxea) : "Il faut faire très attention aux différents frais dans la constitution d’un plan d’épargne retraite"

Comment se comportent les épargnants durant ce nouveau confinement ? Comment gérer au mieux ses économies ? L'invité du jour de Jean-Paul Chapel est Antoine Delon. Il est président de Linxea, courtier en ligne spécialiste de l’épargne et de l’assurance vie.

Comment se comportent les épargnants durant ce second confinement ? Pour Antoine Delon, président de Linxea, les différences avec le premier sont considérables : "Le confinement actuel est complètement différent du premier, qui était une grande phase d’incertitude, où les épargnants n’ont pas pu consommer et où l’argent s’est accumulé sur leur compte en banque. Le second est marqué par de nombreuses questions sur l’orientation de cette épargne, qui est donc davantage tournée dans l’investissement, notamment dans l’assurance vie et le plan d’épargne retraite." Qu’est-ce qui attire les Français dans ce nouveau PER, récemment modifié dans la loi PACTE ? "Il est plus simple, plus facile à appréhender par tout le monde. Par ailleurs, l’avantage fiscal plait beaucoup aux Français. Quand vous arrivez à la retraite, vous pouvez désormais récupérer votre retraite en capital. C’est imposable, mais vous n’avez la plupart du temps pas le même taux d’imposition à la retraite que pendant votre vie active."

Antoine Delon détaille ensuite l’utilité des différents frais autour du plan d’épargne retraite : "Les frais sont déterminants dans l’épargne des Français. Quand vous avez un produit d’épargne retraite que vous allez conserver 15/20 ans, si vous ne regardez pas les frais de gestion, vous faites une grosse erreur. Tout d’abord, il faut refuser de payer des frais d’entrée, parfois de l’ordre de 5 %. Il y a aussi des frais de gestion qui sont des frais annuels, en moyenne de 1 % dans les réseaux bancaires. Il faut accepter des frais de gestion de 0,5/0,6 % maximum. C’est très important car ce sont des produits de long terme que vous allez conserver, ils vont constamment effriter votre épargne."

"Pour bénéficier de la bourse, il faut être un investisseur de long terme, et régulièrement investir dans les marchés financiers"

Concernant l’assurance vie (1800 milliards d’euros en France), comporté essentiellement d’obligations pourtant très peu rémunératrices, Antoine Delon nuance : "On a beaucoup de chance en France, car il y a le fonds en euro qui est garanti en capital et qui vous paie des intérêts tous les ans. Pendant la première phase de confinement, quand les marchés ont chuté de 30/40%, les épargnants Français qui ont investi en fonds en euro étaient très satisfaits. L’idéal est d’en mettre une petite partie dans son épargne. Dans le PER, vous avez du fonds en euros, des unités de comptes boursières, de l’immobilier, du private equity… Donc une gamme très large de produits d’investissement."

Mais est-il intéressant de se reposer sur la bourse, qui est très volatile ? "La bourse est instable lorsque vous investissez pendant une semaine ou un mois. Quand vous avez un PER que vous allez conserver pendant 15 ans, c’est bénéfique. Pour bénéficier de la bourse, il faut être un investisseur de long terme, et régulièrement investir dans les marchés financiers."

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