VIDÉO. Guillaume Roty sur le plan de relance européen : “Toutes les entreprises européennes vont pouvoir en bénéficier. On va aller là où il y en a le plus besoin, sans regarder la nationalité de l’entreprise."

Guillaume Roty, porte-parole de la Représentation en France de la Commission européenne, était l'invité de :l'éco ce jeudi 28 mai 2020.

Guillaume Roty, porte-parole de la Représentation en France de la Commission européenne, a évoqué le plan de relance européen de 750 milliards d’euros. Un plan “pour les citoyens européens et pour la reprise de l’économie européenne, pour relancer la machine après cette crise économique sans précédent. C’est emprunter de l’argent ensemble pour le dépenser ensemble sur le continent européen.

Ce plan est-il destiné aux pays qui ont le plus souffert de l’épidémie ? “L’idée c’est d’emprunter ensemble pour dépenser là où on en a le plus besoin, dans certains pays qui ont été très touchés économiquement par l’épidémie. Aussi pour construire l’Europe du futur, pour la nouvelle génération, financer la transition énergétique, la transition numérique et renforcer la cohésion du continent européen.

Guillaume Roty l’assure : la France va bénéficier de ce plan. “C’est normal parce qu’elle a été touchée de manière importante du point de vue économique. Il y a beaucoup de programmes dans ce plan de relance, qui sont aussi pour l’ensemble de l’Union européenne. Par exemple des programmes pour aider les entreprises européennes à ne pas faire faillite, en renforçant leur capital. Toutes les entreprises européennes vont pouvoir en bénéficier et on va justement aller là où il y en a le plus besoin, sans regarder la nationalité de l’entreprise.

Guillaume Roty évoque un emprunt “historique”. “Les montants sont sans commune mesure avec ce qu’on a pu faire. On a déjà emprunté au niveau de l’Union européenne mais c’était de manière beaucoup plus ciblée.

Guillaume Roty explique que la Commission européenne est “l’un des meilleurs emprunteurs du monde”. “On va faire bénéficier de ces emprunts à taux préférentiel l’ensemble de nos membres. Certains pays empruntent mieux que nous, l’Allemagne par exemple emprunte à des taux plus bas que peut le faire la Commission européenne. Donc pour l’Allemagne, il n’y a pas tellement d’intérêt de passer par la Commission pour emprunter. En revanche pour des pays comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, c’est une vraie valeur ajoutée que de pouvoir emprunter via l’Union européenne.

Qui va rembourser cette dette ? “C’est l’Union européenne, ses membres. Ça va se faire via le budget européen, financé de deux manières. Il a deux types de ressources pour pouvoir rembourser cet emprunt : soit il demande de l’argent à ses États membres au prorata de la richesse de chacun, soit il a des ressources propres. Une des grandes ressources propres aujourd’hui de l’Union européenne, c’est par exemple les droits de douane pour rentrer dans le marché unique, qu’on porte sur les produits qu’on importe. Ce qu’on propose dans le futur c’est de créer quelques nouvelles ressources propres européennes, comme par exemple une taxe carbone aux frontières, une taxe sur les entreprises digitales, taxer la valeur ajoutée européenne pour rembourser cet emprunt et ce plan de relance.

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