Antoine Monin (Spotify) : "On reverse environ 70 % de notre chiffre d’affaires aux ayants droit"

Antoine Monin, directeur général de Spotify France, est l’invité de Jean-Paul Chapel dans la matinale de France Info.

Première plateforme mondiale de streaming musical, Spotify compte 380 millions d’utilisateurs, dont 172 millions abonnés payants. 1 Français sur 10 utilise le service suédois. "La création de Spotify venait répondre à la crise de la musique du début des années 2000," explique Antoine Monin, directeur général de Spotify France et invité de Jean-Paul Chapel. Avec l’arrivée d’internet, les ventes de CD se sont effondrées, le piratage a explosé. "Spotify a été inventé pour recréer un nouveau modèle économique."

"On reverse environ 70 % de tout notre chiffre d’affaires global chaque année aux ayants droit." Les ayants droit, ce sont les acteurs du monde musical comme les labels, les maisons de disques et les musiciens. "Comment cette manne est répercutée aux différents artistes, ça on ne le contrôle pas, on ne le sait pas." D’après une étude du parlement britannique, les artistes reçoivent au plus 27 % des revenus du streaming. Une part qui peut descendre sous 10 % dans certains cas. "Les artistes ont le choix de se distribuer eux-mêmes, ou de passer par un label, ou un major," précise Antoine Monin.

Autre domaine de contention : l’écart de rémunération entre les différents musiciens. Si vous écoutez exclusivement un artiste A, et que quelqu'un d'autre écoute neuf fois plus un artiste B, ce dernier sera neuf fois plus rémunéré que A. Même si vous n'avez jamais écouté B, 90 % de votre abonnement lui sera reversé (en excluant la part attribuée à Spotify). Faut-il changer de système ? "Nous sommes ouverts à toutes les discussions, et nous entendons les artistes quand ils nous disent qu’il y a d’autres modèles possibles," affirme le directeur général de Spotify France.

Spotify multiplie les formats disponibles, comme les podcasts et les livres audio. "On fait aussi du live audio, ce qui permet à des créateurs d’interagir directement avec leurs fans," ajoute Antoine Monin. Selon lui, la réussite de l’entreprise s’explique en partie par des contenus conçus sur-mesure pour chaque marché : "On a des équipes en France qui s’occupent d’éditorialiser la musique, les podcasts. Dans chaque pays, on fait ce travail, d’être pertinents au niveau local."

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