VIDÉO. Vincent Grimault : “Les élus doivent devenir des supers animateurs du territoire"

Vincent Grimault, journaliste à Alternatives économiques et auteur de “La renaissance des campagnes”, était l'invité de :l'éco ce jeudi 2 juillet 2020.

Vincent Grimault, auteur de “La renaissance des campagnes”, évoque un "un basculement il y a 50 ans". "On a eu plus de citadins qui venaient s’installer à la campagne que l’inverse. Ça commence dans les années 1975. Au début, c’est essentiellement de la péri-urbanisation, des villes qui s’étalent un petit peu, on va vivre à vingt minutes de Nantes, à trente minutes de Bordeaux, et puis cette renaissance des campagnes va concerner des territoires plus isolés, par exemple la vallée de la Drôme, qui va connaître l’arrivée de néo-ruraux. Des gens viennent s’installer, créent des entreprises, des festivals de musique, de théâtre. Des campagnes revivent de façon assez spectaculaire.

Vincent Grimault évoque l’exemple des Herbiers, en Vendée. “C’est très impressionnant, on est en pleine campagne et il y a des usines partout. Les Herbiers, c’est le plus bas taux de chômage de France. Il y a 41% d’emplois dans l’industrie, alors qu’en France c’est 13%. Une surreprésentation de l’industrie, avec plein d’entreprises qu’on se transmet de père en fils, ou entre locaux, entre Vendéens, avec le projet de faire grossir des usines. Des gestions d’entreprise très durables, où on se projette 10 ans ou 15 ans plus loin. Ces entreprises, qui n’ont pas de spécificité, de spécialisation sectorielle particulière, vont se développer et faire un tissu industriel très impressionnant.

Vincent Grimault tempère. “Il ne s’agit pas de dire que toutes les campagnes vont bien et que toutes les campagnes renaissent. Il y a des campagnes qui sont malheureusement en grandes difficultés. En général, celles qui sont en difficultés, sont dans des régions déjà en difficultés. À chaque fois, on a tendance à penser les campagnes contre les villes, mais souvent la réponse est un peu macro-régionale. Si une région dans son ensemble va bien, ses territoires vont bien et si une région va mal, ses territoires vont mal. Je caricature un peu, mais globalement c’est ça.

Les élus peuvent-ils faire la différence ? “Même dans les campagnes en difficultés, les élus peuvent changer la donne. À Saâles, une petite commune située entre les Vosges et l’Alsace, le maire est un battant incroyable. Il a réussi à re-créer cinq emplois dans l’agro-alimentaire, dix emplois dans la maison de retraite qu’il a redynamisée, cinq emplois dans les énergies renouvelables parce qu’il a installé des éoliennes. Il y a des résultats très spectaculaires.
La bonne nouvelle dans tout ça : il y a une génération de nouveaux élus. Pendant longtemps, être un élu local c’était recevoir des subventions et essayer d’équiper le territoire. L’idée maintenant c’est d’essayer d’accompagner les entreprises, trouver des solutions de financement, parfois de régler le problème du plein emploi. Les élus doivent devenir des supers animateurs du territoire.

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