Julien Tuffery sur la croissance de l’Atelier Tuffery : "Rien ne se fera si on sent qu’on tergiverse sur nos valeurs"

Julien Tuffery, PDG de l’Atelier Tuffery, était l’invité de Jean-Paul Chapel ce jeudi 12 mai.

Invité de Jean-Paul Chapel ce jeudi 12 mai, Julien Tuffery, PDG de l’Atelier Tuffery, a confirmé que ses jeans étaient produits en France contrairement à la majorité des 90 millions de jeans vendus sur l’hexagone. Il annonce que sa manufacture va augmenter fortement ses capacités "tous les voyants sont au vert, à condition de la retransformer". Par transformation, il entend "donner du sens" mais aussi créer du "bien-être au travail" par une formation polyvalente : "C’est une formation hyper complète (…) dans la journée en fait, on va vraiment cultiver ce changement de poste, cette polyvalence, du sens, de la créativité". Avec 26 salariés, l’entreprise située en Lozère est en plein travaux pour permettre la création de nouveaux postes : le PDG déclare qu’il souhaite notamment doubler ses effectifs. Il prévient néanmoins que la croissance de l’atelier ne pourra se faire que dans le respect des valeurs du groupe "Attention à pas tomber dans la course au profit et à la croissance en oubliant ses valeurs".

Avec une entrée de gamme à 120 euros, le prix des jeans de l’Atelier est élevé. D’après Julien Tuffery, c’est le prix à payer pour "reconstruire des filières en France, former, adapter des modèles managériaux sur cette fameuse réindustrialisassions de la France". Les coûts élevés n’empêchent d’ailleurs pas l’entreprise d’exporter 15 % de sa production à l’étranger, notamment en Asie : "Ils apprécient le savoir-faire, l’excellence à la Française et surtout ces entreprises centenaires françaises, gage de grande qualité".

"Je vous déconseille de fumer mon jean"

Cette recherche de la qualité conjuguée avec le retour du "made in France" est d’autant plus présente depuis la crise COVID. Ceci a largement profité au groupe explique Julien Tuffery : "Les gens ont pris conscience au travers de cet exemple aussi bête qu’un masque, que c’était important d’avoir des manufactures sur son territoire, que c’était important de recréer des chaînes de valeur". Julien Tuffery note cependant que la guerre en Ukraine risque de pénaliser son entreprise, du fait de la baisse de la confiance des ménages qui pourraient épargner au lieu de consommer : "Il faut absolument faire l’inverse" alerte-t-il.

Julien Tuffery note que la plupart des jeans sont en coton, mais affirme que l’entreprise innove : "On a redéveloppé la filière laine (…) le chanvre", mais aussi le lin "On travaille avec Safilin qui est la magnifique entreprise française dans la culture du lin". Il conclut que faire travailler ces entreprises locales et françaises a un coût : "Quand vous m’avez dit que mes jeans étaient chers, oui, ils sont chers, mais ça sert à financer tout ça".                                                                                                          

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