"Pièces à conviction". Psychiatrie : le grand naufrage

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Dépression, bipolarité, schizophrénie, troubles obsessionnels... L’urgence psychiatrique semble devenue un enjeu national, avec chaque année 2 millions de Français soignés pour des troubles sévères. Le 10 avril 2019, "Pièces à conviction" propose une soirée spéciale en deux parties présentée par Virna Sacchi. A 21 heures, une enquête derrière les murs des hôpitaux psychiatriques révèle l’état de délabrement, le manque de personnel ou la pratique de méthodes contestées comme l’isolement et la contention. Pour "Pièces à conviction", des familles et des malades ont le courage de parler pour dire leur désarroi et leur colère face à un corps médical qui n’arrive plus à soigner, faute de moyens. A 22h35, un débat : comment sauver la psychiatrie ? Avec des témoignages de patients et de leurs proches, et des réflexions de médecins, de représentants de l'Etat et d'experts pour prolonger en débat le travail de l'enquête, dresser un état des lieux de la psychiatrie en France, et discuter sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la prise en charge rapide des personnes atteintes de troubles psychiatriques.

C’est un drame pour chaque malade, chaque famille, mais aussi pour le pays tout entier. Chaque année, 2 millions de Français sont soignés pour des troubles psychiatriques, deux fois plus qu’il y a dix ans. Au cours de sa vie, un Français sur trois est atteint de troubles sévères : dépression, bipolarité, schizophrénie, troubles obsessionnels... La psychiatrie est aujourd’hui devenue un enjeu national, avec des coûts directs et indirects évalués à 80 milliards d’euros par an par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Le 10 avril 2019, "Pièces à conviction" propose une soirée spéciale en deux parties, présentée par Virna Sacchi.

A 21 heures, l'enquête

La France semble désemparée face à l’urgence psychiatrique. Rares sont ceux qui acceptent de témoigner sur la détresse mentale d’un proche, mais pour "Pièces à conviction", des familles ont eu le courage de parler, d’accepter la caméra dans l’univers familial, pour dire leur douleur et leur désarroi, mais aussi leur colère aussi face à un corps médical qui n’arrive plus à soigner, faute de moyens.

Du Havre à Aix-en-Provence, en passant par Rennes et Amiens, les caméras de "Pièces à conviction" ont pu pénétrer derrière les murs des hôpitaux psychiatriques pour montrer l’état de délabrement, le manque de personnel ou la pratique de méthodes contestées comme l’isolement et la contention. "Mon fils n’a pas dit non à la vie, il a dit non à la contention", témoigne une mère dont le fils schizophrène s’est suicidé à l’hôpital.

L’enquête montre aussi comment des patients fragiles peuvent devenir les proies de dealers de drogue à l’intérieur même de certains hôpitaux psychiatriques. Quant à la pédopsychiatrie, vitale pour tenter de guérir dès le plus jeune âge, est elle aussi sinistrée. Il faut souvent attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous avec un médecin.

Face à cette situation, les 50 millions d'euros promis au secteur de la psychiatrie le 21 décembre 2018 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn n’ont pas calmé l’inquiétude et la colère des soignants. Des psychiatres ont alerté le ministère : l’an passé, le secteur de la psychiatrie aurait été lésé dans l'affectation des 8 milliards d'euros distribués aux hôpitaux. A tel point que certains établissements sont contraints d’envoyer leurs malades en Belgique faute de place…

Une enquête réalisée par Raphaël Tresanini, montage Nicolas Dumond.

A 22h35, le débat : comment sauver la psychiatrie ?

Médecins, patients et familles de malades, représentants de l'Etat et experts sont aux côtés de Virna Sacchi pour prolonger en débat le travail de l'enquête, dresser un état des lieux de la psychiatrie en France et évaluer la situation d'un point de vue économique et sociétal. Avec des témoignages en écho à l'enquête, des discussions sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer la détection des troubles psychologiques dès l'enfance et la prise en charge rapide des patients, et la recherche de solutions pour un engagement accru de la société en faveur d'une médecine psychiatrique moderne, dotée de moyens adaptés et durables et pour une plus grande considération des personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Parmi les invités, Virna Sacchi reçoit Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Marcel Rufo, pédopsychiatre, Daniel Zagury, psychiatre des hôpitaux, chef de pôle à l'Etablissement public de santé mentale de Ville-Evrard (centre psychiatrique du Bois de Bondy) en Seine-Saint-Denis, Jennifer Bouder, infirmière à l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre, Sébastien Bill, président de l’Unafam (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) de la Somme, Jason Bunnens, porte-parole de l’association SCHIzo’Jeun’S.

La rédaction vous invite à commenter l'émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #PacFTV.  

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