VIDEO. Avenue de l'Europe. Déclassés

France 3 Avenue de l'Europe, le Mag

Les Britanniques vont-ils claquer la porte de l'Union européenne ? "Avenue de l'Europe" est parti sur les traces de George Orwell dans le nord de l'Angleterre. L'écrivain avait donné la parole aux laissés-pour-compte dans "Le Quai de Wigan". Quatre-vingts ans plus tard, leur voix risque de s'exprimer contre l'Europe.

Ce reportage du magazine "Avenue de l'Europe" de juin 2016 commence sur Le Quai de Wigan, au nord de Manchester. Dans les pas de George Orwell, il nous conduit à Wigan, dans le nord sinistré de la Grande-Bretagne, et à Blackpool, "station balnéaire des pauvres" au bord de la mer d'Irlande. La classe ouvrière britannique a pris de plein fouet l’arrivée des Européens de l’Est, la mondialisation, la crise et l’austérité. 

Ici, les difficultés économiques font le lit de l'euroscepticisme et du populisme, et le parti xénophobe et ultraconservateur Ukip est arrivé deuxième aux dernières élections. Le député Jonathan Starkey fait justement campagne pour le Brexit en porte à porte auprès des habitants. Should I stay or should I go ? A l'heure du scrutin qui dira si la Grande-Bretagne reste ou non dans l'Union, le refrain des Clash claque plus que jamais...

Le "Zero-hour contract", "un contrat criminel"

Beaucoup ici n'ont pas les moyens de remplir le frigo ni de payer leurs factures. Les soupes populaires et les banques alimentaires se multiplient. Les médecins s’alarment de l’état de santé désastreux de ces travailleurs pauvres. La plupart ne sont pas au chômage, mais en contrat zéro heure − c'est-à-dire obligés de rester à disposition de leur employeur, parfois pour rien, sans toucher les aides sociales. "Un contrat criminel, dénonce la pasteure de l'église, une manipulation pour faire baisser les chiffres du chômage."

Si les Anglais de cet ancien bastion travailliste en veulent à l'Union européenne d'avoir laissé passer ce contrat, il s'en trouve aussi pour juger que leur situation serait encore pire en cas de Brexit : il n'y aurait plus aucune protection face à l'ultralibéralisme.

Un reportage de Frédérique Maillard et Loïc Le Moigne, diffusé dans "Avenue de l'Europe, le mag" le 15 juin 2016.

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