VIDEO. L'Angle éco. HLM, j'y suis, j'y reste

Alors que près de 195 000 personnes sont en attente d'un logement social à Paris, le parc social de la ville – et celui du pays – souffre d'immobilisme. Certains attendent quinze ans pour y accéder, pendant que d'autres y restent, même si leurs revenus ont sensiblement augmenté. Un reportage diffusé dans "L'Angle éco" le 9 novembre.

Lundi 9 novembre, François Lenglet et les équipes de "L'Angle éco" font le point sur une folie typiquement française : l'immobilier. Au premier semestre de l'année 2015, les prix de la pierre ont connu une nouvelle hausse, dans l'ancien comme dans le neuf. Loin devant la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou les Etats-Unis, la France est le pays où se loger coûte le plus cher proportionnellement aux revenus des habitants. 

 Une offre de HLM bien inférieure aux demandes

Le parc de logements sociaux français souffre d'immobilisme. Dans la capitale, le taux de rotation annuel n'est que de 4,5%. Certains attendent quinze ans pour y accéder, pendant que d'autres y restent même si leurs revenus ont sensiblement augmenté. On estime qu'un locataire de HLM sur dix dépasse la limite de revenus fixée pour y accéder.

Les difficultés d’accès au logement – et à un logement en bon état – gagnent du terrain en France. Cet été, 1,864 million de demandes de logement social étaient enregistrées, selon le ministère du Logement. Une demande bien supérieure à l’offre : en moyenne, 450 000 logements sociaux sont attribués dans le pays chaque année. Et cette offre évolue peu. En un an, le parc locatif social français n’a progressé que de 1,1%, avec seulement 50 000 logements sociaux supplémentaires.

Un tiers des communes ne respectent pas la loi SRU

Les temps d’attente d’un logement social atteignent ainsi des records, notamment en région parisienne. A Paris, il faut désormais compter six ans pour obtenir un F1, neuf ans pour un F2 ou un F3, et jusqu’à dix ans pour un F4. Des données récentes montrent aussi l’ampleur du non-respect de la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain (SRU), qui impose depuis quinze ans à 1 022 communes de compter au minimum de 20% à 25% de logements sociaux. Aujourd’hui, selon le quotidien Le Monde, un tiers d’entre elles ne respecteraient toujours pas cet objectif.

Un reportage de Lionel Poussery, Jean-Yves Charpin, Pierre Tailliez, Virginie Letendre et Franck Carimalo.

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