VIDEO. Netizens en Corée du Sud : rencontre avec les Avengers, qui traquent l'argent détourné par les politiques

ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2

En Corée du Sud, les netizens, ou citoyens du net, sont en passe de devenir le premier contre-pouvoir. Dans le nord de la capitale, "Envoyé spécial" est allé à la rencontre des plus médiatiques d'entre eux. Ils sont cinq, et ils se sont donné un nom de super-héros : les Avengers.

Ce sont des citoyens ordinaires qui font face aux réseaux de la politique, comme Zaro et son documentaire fleuve (neuf heures) sur la catastrophe du Sewol, en 2014. Le naufrage de ce ferry avait causé la noyade de 304 lycéens. En Corée du Sud, les netizens, les internautes citoyens, sont en passe de devenir le premier contre-pouvoir. Dans le nord de la capitale, "Envoyé spécial" est allé à la rencontre des plus médiatiques d'entre eux.

Ils sont cinq, et ils ont donné à leur collectif un nom de super-héros : voici les Avengers, ou "vengeurs" en français. L'un est un journaliste d'investigation chevronné, le deuxième est ancien inspecteur des impôts, un autre a travaillé avec l'un des suspects et détient des documents accablants… Ensemble, ils enquêtent sur l'un des plus gros scandales politiques de l'histoire du pays. Depuis l'automne 2017, ils se sont lancés dans la traque d'argent détourné.

Des fonds secrets en Suisse et en Allemagne

"Lorsque les grandes entreprises font des profits, en Corée du Sud, explique l'un de ces Avengers, elles déposent un certain pourcentage dans des fonds secrets créés en Suisse à l'époque de la dictature. Ce gigantesque réservoir d'argent s'accumule depuis cette époque en Suisse et en Allemagne, mais le gouvernement n'a jamais tenté de récupérer ces fonds. C'est pourquoi de simples citoyens comme nous recherchons cet argent détourné en usant de méthodes agressives."

Parmi les personnes visées par leur enquête, l'ancienne présidente de la Corée du Sud. Elle aurait détourné plus de 17 millions d'euros avec l'aide d'une de ses proches. Destituée, Park Geun-hye a été condamnée en avril 2018 à vingt-quatre ans de prison pour corruption et abus de pouvoir.

Extrait de "Corée du Sud : les justiciers du net", à voir dans "Envoyé spécial" le 7 juin 2018.