VIDEO. "Contrairement aux pompiers, nous sommes tous bénévoles" : pour ce sauveteur en mer, le modèle de la SNSM "a fait son temps"

ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2

Parfois en pleine nuit, parfois au péril de leur vie, ils se portent au secours des bateaux en détresse. Qui sont les marins de la SNSM, ces héros du quotidien ? Quel est leur statut ? "Envoyé spécial" a confié une caméra à l'un d'eux pour vous faire partager leur (dure) réalité. Extrait d'une expérience embarquée inédite, à voir le 10 octobre 2019.

Ils peuvent être appelés en pleine nuit pour secourir un bateau en détresse. Parfois au péril de leur vie, comme cet été, où trois sauveteurs en mer sont morts aux Sables-d'Olonne. "Envoyé spécial" a confié une caméra à l'un de ces héros du quotidien pour qu'il partage son expérience et les raisons de son engagement. Extrait d'un reportage embarqué inédit, à voir le 10 octobre 2019.

Ils se portent au secours des pêcheurs et autres professionnels de la mer en hiver, des plaisanciers en été. Les équipiers de Bruno Orsini accomplissent en moyenne trente-cinq sauvetages par an. Souvent dans la nuit ou la tempête, dans des conditions compliquées et sans savoir quand – ni même si – ils reviendront… car "même un sauvetage anodin peut tourner à la catastrophe". 

"Des gens formidables... mais pas des gens formés"

A bord, c'est lui le seul marin de métier : tous ses équipiers sont issus de la société civile. Un médecin, un ingénieur, un boulanger, un plombier… "tous les corps de métier, tous les milieux sont représentés. (...) Des gens de bonne volonté, des gens formidables... mais pas des gens formés." D'où "un déficit de compétences compliqué à gérer. Avant, c'était uniquement des gens formés. Maintenant, il faut les former". 

Les risques, la peur, la fatigue, les absences au travail… un quotidien difficile à gérer – et sans le moindre dédommagement en retour. Un vrai sacerdoce. Saviez-vous que les équipages de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) risquent leur vie sans en retirer un centime ? "On fait souvent le parallèle avec les pompiers, précise Bruno Orsini, mais eux ne sont pas totalement bénévoles. Nous, on touche… zéro. (...)" Et d'ajouter : "Non seulement on est bénévoles, mais en plus, ça nous coûte de l'argent" car quand il prend (par exemple) sa voiture pour rejoindre l'équipe de sauvetage, aucun défraiement n'est prévu.

L'Etat finance la SNSM à hauteur de... 20%

L'Etat participe au financement de la SNSM à hauteur de 20% seulement (l'essentiel du budget venant de donateurs privés) alors qu'"il devrait être à 100%, sans payer les équipages", estime le marin, qui pense que "ce système a fait son temps".

Extrait de "Ma vie… de sauveteur en mer", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 10 octobre 2019.

Vous êtes à nouveau en ligne