VIDEO. Aubervilliers, nouvel empire du textile chinois

LESLIE BENZAQUEN, YVAN BURNIER / FRANCE 2

Adieu le Sentier. En dix ans, Aubervilliers, cette ville aux portes de Paris, est devenue un lieu incontournable du prêt-à-porter. Mais derrière ces boutiques flambant neuves se cachent des ateliers clandestins où s’entassent des ouvriers chinois sans papiers. Extrait.

Jusqu’en 2005, ces milliers de mètres carrés désaffectés n’étaient qu’une friche industrielle. Aujourd’hui, 1 500 grossistes y ont pignon sur rue. Un énorme centre commercial uniquement dédié à ces grossistes a même vu le jour.

À l’intérieur, aucune enseigne connue, mais pourtant c’est ici que vos marques préférées viennent s’approvisionner pour proposer leurs nouvelles collections : 90 % de ces commerçants sont d’origine chinoise. Quant aux acheteurs, ils viennent de France et d’Europe pour faire leur marché en prêt-à-porter et maroquinerie.

La fabrication de ces vêtements est encore – pour la plupart – localisée en Chine. Pourtant, il existe un "made in China" français, une filière de confection locale et clandestine dans les caves et les sous-sols des pavillons de Seine-Saint-Denis.

Dans les sous-sols, de l’esclavage moderne

Ces ateliers de couture exploitent, dans des conditions plus que critiquables, des ouvriers chinois sans papiers. Certains travaillent pour les grossistes d’Aubervilliers, d’autres pour de petites marques françaises ou étrangères. Envoyé spécial a réussi à tourner en caméra discrète dans l’un de ces ateliers. L’équipe a constaté des méthodes de travail qui s’apparentent aux nouvelles formes d’esclavage moderne. Une exploitation qui a lieu dans les sous-sols des banlieues du nord de Paris.

Quant au salaire, il est bien en deçà du smic, pas de charges salariales et, surtout, aucune obligation de payer cette main d’œuvre à prix cassés : "Je t’ai déjà dit, quand tu es apprenti, tu n’as pas de salaire pendant les deux premiers mois", lance une responsable dans l'une de ces caves de confection pour grossistes.

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