Ce qu'il faut retenir de Christiane Taubira à DPDA

Christiane Taubira invitée de l\'émission \"Des paroles et des actes\", jeudi 5 septembre 2013, sur France 2.
Christiane Taubira invitée de l'émission "Des paroles et des actes", jeudi 5 septembre 2013, sur France 2. (CAPTURE FRANCE 2 / FRANCETV INFO)

La ministre de la Justice était l'invitée, jeudi soir sur France 2, de l'émission "Des paroles et des actes". L'occasion, pour elle, de revenir sur la réforme pénale. Francetv info résume l'essentiel de son intervention.

Christiane Taubira était l'invitée, jeudi 5 septembre, de l'émission "Des paroles et des actes". La ministre de la Justice a tenté de convaincre pendant deux heures sur sa réforme pénale et d'effacer l'image de laxisme qui lui colle à la peau. Francetv info revient sur les moments forts de sa prestation.

L'enjeu : rompre avec l'image du laxisme

A plusieurs reprises, la ministre a tenu à se montrer ferme. Elle n'a pas reculé devant l'expression "punir les délinquants", employée par David Pujadas, tout en essayant d'expliquer qu'il fallait préparer la réinsertion de chaque détenu : "On punit avec toute la sévérité nécessaire et on s’assure qu’il ne recommencera pas."

La ministre a aussi rappelé à plusieurs reprises que le but de sa réforme pénale était la sécurité de la société, en luttant contre la récidive. "C'est une bataille (…) contre le travail d’endoctrinement de ces dernières années, qui a tenté de faire croire que la prison était la seule peine possible", a-t-elle détaillé, en ajoutant que les sorties de prison sans accompagnement aggravaient la récidive.

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Mais la garde des Sceaux a peiné à se montrer claire et précise dans son exercice de pédagogie, notamment sur la nouvelle contrainte pénale. "La contrainte pénale n'est pas une alternative à la prison, comme peut l'être le bracelet électronique ou le placement extérieur. () En cas de non-respect des conditions fixées par le juge, une peine de prison pourra être prononcée. C'est une peine en milieu ouvert, que le juge pourra fixer", a expliqué la ministre, sans vouloir donner d'exemples concrets malgré les relances des journalistes.  

Le style : combatif

"Je refuse qu’on me force à renoncer à l’intelligence." Offensive, combative, Christiane Taubira a abandonné régulièrement au cours de l'émission son sourire pour reprendre vertement ses interlocuteurs. Elle a demandé à plusieurs reprises aux journalistes d'être plus précis sur les dates et de ne pas propager les rumeurs : "Vous n’arrêtez pas de dire 'on dit que', dites-moi qui ?"

La ministre est aussi venue faire le spectacle sur le plateau de France 2. Elle a fait preuve d'autodérision à plusieurs reprises, en commentant notamment son physique : "Marilyn Monroe était plus belle et avait d’autres mensurations", a réagi Christiane Taubira à une comparaison avec l'actrice américaine. Elle répond également d'une boutade lorsque David Pujadas l'interroge sur un éventuel destin présidentiel : "Je ne passe pas mon temps à me regarder pour savoir si j'incarne quelque chose", avant d'ajouter : "Tout ce que je fais, je le fais avec passion : même la vaisselle !"

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Le petit truc : l'art de l'esquive

Christiane Taubira a souvent esquivé les questions qui pouvaient la mettre en difficulté. Cannabis, intervention en Syrie, relations avec Manuel Valls : elle a souvent refusé de donner son opinion et préféré jouer la carte de la solidarité gouvernementale pour se ranger derrière les décisions de Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

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Elle a aussi éprouvé quelques difficultés devant une question de Dominique Verdeilhan concernant la possibilité, pour un récidiviste condamné pour attouchements sexuels, d'effectuer sa peine sans être incarcéré, grâce à la contrainte pénale.

Le moment de tension : le face-à-face avec la victime

Confrontée au témoignage d'une mère dont la fille venait de sortir du coma après une agression commise par un détenu en semi-liberté à Colombes, Christiane Taubira n'a pas voulu commenter le drame. Elle s'est contentée de "saluer le courage de madame. Je comprends son émotion. Face aux victimes, je fais silence. Par décence, ni vous, ni moi ne devons porter de jugement sur la décision du juge. La justice se rend dans les prétoires."

Malgré l'insistance de David Pujadas, la ministre s'est refusée à désigner un bouc émissaire : "Il est possible que le juge se soit trompé. A chaque tragédie, on trouve un magistrat à accuser, mais je ne crois pas que cela atténue la souffrance des victimes et de leurs familles." La ministre a conclu la séquence en résumant : "La justice ne se rend pas sur les plateaux de télévision."

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La passe d'armes : avec Christian Estrosi

Christiane Taubira s'est livrée à une joute verbale avec Christian Estrosi, maire (UMP) de Nice, qui a lancé il y a quelques jours une pétition nationale pour la "mettre en échec". L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a commencé par féliciter la ministre pour sa "victoire" contre Manuel Valls sur la réforme pénale, avant de lui reprocher de se mettre du côté des délinquants plutôt que de celui des victimes. La ministre de la Justice a rétorqué, cinglante : "Il fut un temps, vous faisiez l'effort de réfléchir. (…) Aujourd'hui, vous faites dans le raccourci, dans l'excessif." 

Christian Estrosi et Christiane Taubira se sont également affrontés sur la suppression des peines plancher. Le député a contesté l'argument de la garde des Sceaux sur une augmentation du taux de récidive ces dernières années, malgré la loi sur les peines plancher. A tort : en 2007, le taux de condamnés pour récidive était de 8%, il est passé à 11,1% en 2010, selon les chiffres du ministère de la Justice.

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