VIDEO. Sur la COP21, Pascal Canfin (EELV) est "raisonnablement optimiste"

Pascal Canfin, eurodéputé d'EELV (Europe Ecologie-Les Verts) et ancien ministre du Développement, était reçu par Nicolas Poincaré à l'issue d'un reportage de "Complément d'enquête" sur les investissements pollueurs de grandes entreprises françaises en Pologne ou en Inde.

C'est dans l'immense hall de l'aéroport du Bourget, où débutera la conférence Paris Climat avec les représentants de 195 pays, que Nicolas Poincaré a reçu Pascal Canfin. Il a interrogé l'eurodéputé d'EELV (Europe Ecologie-Les Verts) et ancien ministre du Développement à l'issue d'un reportage sur les investissements pollueurs de grandes entreprises françaises en Pologne ou en Inde, notamment dans des centrales à charbon.

Le charbon, c'est quand même assez dégueulasse ? "Selon les technologies utilisées, le charbon, c'est 80 fois plus d'émissions de CO2 que les énergies renouvelables, l'éolien et le solaire. Incompatible avec la lutte contre le dérèglement climatique. Les choses bougent fortement en Chine, un pays clé sur le charbon, parce que la population ne supporte plus ‘l'airpocalypse’, une qualité de l'air si mauvaise que les gens ne peuvent plus respirer..."

D'où cette annonce de Manuel Valls le 10 septembre : la France ne subventionnera plus les fabricants de centrales à charbon. "Aujourd'hui en France, on a un Alstom (qui vient d'être racheté par General Electric) qui fait des énergies vertes mais aussi du charbon. La décision d'aujourd'hui, c'est que l'Etat arrête de subventionner ses activités dans le charbon, tout en renforçant son soutien dans les énergies renouvelables."

Les centrales à charbon, "incompatibles avec la maîtrise du dérèglement climatique"

On va arrêter de construire de nouvelles centrales polluantes, mais EDF, Engie (ex-GDF Suez) ou BNP Paribas vont continuer à exploiter tranquillement des centrales à charbon en Pologne, en Inde... Un double discours ? "Il faudrait a minima que EDF s'engage – et que l'Etat, actionnaire à 80%, le lui demande , à ne plus faire de centrales à charbon, parce que c'est incompatible avec la maîtrise du dérèglement climatique. Il faut choisir : le climat, et pas le charbon."

Pascal Canfin est l'auteur, avec Peter Staime, du livre Climat, 30 questions pour comprendre la conférence de Paris (éd. Les Petits Matins). Les réfugiés qui arrivent en ce moment par la route des Balkans sont-ils déjà des réfugiés climatiques ? "Le livre commence avec la Syrie. [...] Une des causes du conflit, ce sont les trois ans de sécheresse historique, de 2006 à 2009, qui ont fait migrer un million de Syriens à l'intérieur du pays. [...] Deux degrés de réchauffement, c'est le point de non-retour. Si Paris Climat est un échec, ce sera quatre degrés, c'est-à-dire ce que l'on connaît en Syrie puissance 4 ou 5..." 

Quelles chances de succès pour la COP21 ? "Je suis raisonnablement optimiste, notamment parce que la Chine et les Etats-Unis ont trouvé un accord en novembre, ce qui aidera pour en trouver un à Paris."

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