VIDEO. Complément d'enquête. Paroles de passeurs

Dans le Nord-Pas-de-Calais, une équipe de "Complément d'enquête" a recueilli les confidences de deux jeunes passeurs. Ils se présentent comme d'anciens migrants et ne voient pas de mal à s'être reconvertis dans le trafic de clandestins. Extrait.

A Téteghem, près de l'autoroute A16 qui mène au tunnel sous la Manche, s'est installé un réseau avec une quinzaine d'exécutants, dont les chefs sont en Grande-Bretagne. Romain Boutilly a réussi à obtenir les confidences de deux jeunes passeurs spécialistes du "passage garanti", une formule où le "client" ne paie que s'il pose le pied en Angleterre. 

"Les gens nous demandent de les aider"

Quel âge ont-ils ? "27", répond l'un d'eux. D'où viennent-ils ? "D'Irak, du Kurdistan." Anciens migrants, ils se seraient reconvertis dans le trafic de clandestins il y a quatre ans. Hier, ils ont fait passer deux familles. Est-ce que ça rapporte de charger des gens dans sa voiture pour les amener sur un parking ? "Oui, c'est bien. 2 500 à 3 000 euros par personne." Pourquoi faire payer si cher ? Le jeune passeur argue de ses "charges" de péages d'autoroute, diesel, repas, avant de reconnaître qu'il recherche des bénéfices. Combien a-t-il gagné cette année ? "50 000 à 80 000... Certains gagnent 150 000 euros..." Pour la famille ? "Non, pour nous ! Acheter des maisons, voitures, terrains..." Exploiter la détresse de gens dans la misère et qui fuient la guerre ne lui pose-t-il pas un problème ? "Je fais de mal à personne. Je ne vends pas de la drogue. C'est les gens qui nous demandent de les aider."

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