VIDEO. Nathalie Kosciusko-Morizet : "L'écologie est le grand enjeu du XXIe siècle"

Alors que la conférence Paris Climat n'est plus qu'à quelques semaines, "Complément d'enquête" et Nicolas Poincaré recevaient ce jeudi 10 septembre 2015 Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ancienne ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy.

C'est dans un entrepôt de Gennevilliers, parmi les 140 sculptures de l'Arche de Noé XXI créées par Gad Weil pour la conférence climat à Paris (COP21), qu'ont été installés les célèbres fauteuils rouges de "Complément d'enquête" ce jeudi 10 septembre 2015. Nicolas Poincaré s'est entretenu avec Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ancienne ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy. Ces sculptures lui plaisent-elles ? "Oui, répond-elle, c'est sympa."

L'ancienne ministre a participé à plusieurs conférences sur le climat, notamment celle de Copenhague : "Et à un paquet... c'était mon premier métier. J'ai été à la 4e Conférence des parties à Buenos Aires en 1998. Je faisais les négociations climat avant de faire de la politique."

Nicolas Hulot ambassadeur pour le climat qui court la planète, ça sert à quelque chose ? "La réussite d'une réunion comme celle de Paris est beaucoup due au travail en amont [...] : celui des experts, dont on ne parle jamais, est peut-être la clé principale. Nicolas Hulot le fait avec beaucoup d'énergie."

"L'écologie est un sujet ingrat politiquement"

Si la conférence climat aboutit à un accord universel, les températures ne monteront pas de plus de deux degrés, et on est sauvés. Sinon, on est tous morts... C'est aussi simple que ça ? "Ce n'est pas aussi binaire, mais c'est vrai qu'on est à un moment vraiment charnière. Il y a eu la convention de Rio, puis en 1997 le protocole de Kyoto, avec ses engagements contraignants de réduction des émissions des gaz à effet de serre pour les pays développés. Certains, comme les Etats-Unis, n'ont pas tenu ces engagements. Il faut donc un deuxième accord qui soit, celui-là, vraiment respecté."

Nous, les riches, sommes-nous d'accord pour payer pour aider les pauvres à moins polluer ? "La dimension financière entre Nord et Sud est liée à une question de justice. Il y a une responsabilité historique des pays du Nord, qui ont beaucoup pollué. Beaucoup de ces gaz qui font effet de serre ont été émis depuis le début de la révolution industrielle. Ensuite, il y a une question d'efficacité : ça ne sert à rien de payer si les pays émergents émettent de plus en plus."

Que penser de la sincérité écologique variable des présidents, Hollande comme Sarkozy ? "L'écologie est un sujet ingrat politiquement. Les résultats ne sont visibles que dans la durée ; il faut changer les habitudes, lutter contre des intérêts. Il peut y avoir la tentation de renoncer. C'est dur, mais c'est le grand enjeu du XXIe siècle : on ne peut pas l'abandonner."

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