VIDEO. Complément d'enquête. Entrer clandestinement dans l'espace Schengen

Les journalistes de "Complément d'enquête" ont suivi pendant dix jours le périple de Haïfa, Mohamed et leurs trois filles, qui ont fui Damas en guerre. Dans cet extrait, l'exténuant voyage touche à sa fin : il s'agit d'entrer dans l'espace Schengen, à pied, et de nuit, sans se faire repérer...

Le numéro de "Complément d'enquête" du jeudi 17 septembre a suivi l'odyssée d'une famille, entre négociations avec les passeurs, transits clandestins, nuits blanches et coups de blues... Mohamed, Haïfa et leurs trois filles ont tout laissé derrière eux : leur maison, leurs amis, une vie confortable à Damas. Et ont dû débourser 11 000 euros pour ce voyage sans agrément.

Dans cet extrait, le voyage touche à sa fin. Ce soir, Haïfa et sa famille vont essayer d'entrer clandestinement dans l'espace Schengen. Le passage doit se faire à pied et de nuit. Ils tentent leur chance au milieu de centaines d'autres migrants.

Les derniers à passer la frontière hongroise avant sa fermeture

Ils sont inquiets : la frontière hongroise serait presque fermée (elle l'est effectivement depuis le 14 septembre). Des amis passés la veille le leur ont dit, et les guident par téléphone. Il faut d'abord suivre la voie de chemin de fer, puis chercher dans le noir la borne 127, comme dans un jeu de piste pas très drôle... Avec la peur au ventre, celle de voir la police venir les arrêter.

Après deux longues heures d'errance, voilà enfin la fameuse borne. Au loin, après les champs de maïs, une station-service éclairée : les lumières de la Hongrie. Au téléphone, Haïfa demande à son ami de les guider pour trouver une brèche dans le grillage. Pendant ce temps, sa fille, tout à l'heure tentée de pleurer, prie.

"Viens voir, c'est là !" Derrière le grillage, Schengen. Aucun policier. Le groupe se glisse sous la clôture. Ils seront parmi les derniers migrants à réussir à passer.

Vous êtes à nouveau en ligne