VIDEO. Complément d'enquête. Mille euros pour cacher un clandestin dans son coffre

Jeudi 17 septembre, dans le numéro de "Complément d'enquête" consacré aux migrants, nous irons à Calais, porte d'entrée vers Londres. Parmi les nouvelles méthodes des passeurs, recruter des chômeurs et/ou mères de famille. L'une de ces "mules" témoigne dans cet extrait : on lui a proposé 1 000 euros pour faire passer un clandestin afghan dans son coffre.

Pour beaucoup de migrants, la Grande-Bretagne reste, malgré le durcissement de sa politique migratoire, une destination privilégiée. A Calais, porte d'entrée pour Londres, les passeurs agissent au grand jour devant des policiers débordés : impossible de contrôler tous les camions et les voitures.

Les réseaux de passeurs font maintenant appel à des "Français moyens" pour cacher des clandestins dans le coffre de leur voiture le temps de traverser le tunnel sous la Manche. Ce sont par exemple des chômeurs, des étudiants, des mères de famille, qui se sont confiés à "Complément d'enquête". Témoignage dans cet extrait.

Annick, mère de famille sans emploi et surendettée, s'est vu proposer 1 000 euros en liquide pour faire passer un Afghan dans son coffre. Elle s'est confiée à Romain Boutilly. Ce qui a intéressé les passeurs ? Son "physique passe-partout, de madame Tout-le-monde".

Peine encourue : six mois avec sursis minimum

A la douane, Annick est confiante. Elle a tout fait comme les passeurs le lui ont dit : voyagé de nuit, embarqué son fils de 8 ans sur la banquette arrière, un clandestin afghan dans son coffre, et servi aux fonctionnaires le discours que lui ont préparé les passeurs – elle va en Angleterre avec son fils pour fêter son anniversaire. Mais ceux-ci flairent "l'embrouille" : on n'est pas en période de vacances... pas très crédible donc. Réaction immédiate : "Coupez le moteur, ouvrez-moi le coffre."

Interpellée à Calais, Annick a reconnu les faits. Elle risque six mois avec sursis au minimum, son audience se tiendra dans deux mois. Elle dit à Romain Boutilly connaître au moins cinq autres personnes dans son cas, "des nanas simples, tranquilles... et qui ont besoin d'argent". Depuis un an, une trentaine de ces passeurs amateurs ont été interpellés par la Police aux frontières.

Extrait de "Calais, la bonne fortune des passeurs", un reportage signé Romain Boutilly et Yann Moine.

Sa diffusion sera suivie d'un entretien avec Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement (PS).

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