"Complément d'enquête". Fake news, la machine à fric

A l’heure du doute généralisé, les sites spécialisés dans la diffusion de fausses informations empocheraient chaque année près de 250 millions d’euros selon les estimations d’une ONG américaine. En France, bien qu'épinglé par de nombreux médias pour ses erreurs factuelles et ses raccourcis, le documentaire "Hold-up" a connu un succès phénoménal. Aux Etats-Unis, des hommes d’affaires ont construit leur fortune sur le commerce des fake news. Quels sont les secrets de leur business ? Et quels sont les circuits opaques de financement du complotisme ? "Complément d’enquête" lève le voile sur la très lucrative industrie de la désinformation.

Nouvelle saison pour "Complément d’enquête", qui fête cette année ses vingt ans d’existence et nouveau visage : Tristan Waleckx, journaliste d’investigation et prix Albert-Londres, incarne désormais le magazine. Révélations, indépendance et rigueur restent au cœur de la ligne éditoriale. Pour ce numéro de rentrée, "Complément d’enquête" lève le voile sur la très lucrative industrie de la désinformation.

Quand la controverse rapporte gros

Des dizaines de milliers de partages sur les réseaux sociaux en moins de 24 heures, 6 millions de vues en douze jours à peine : dès sa sortie en novembre 2020, le documentaire "Hold-up" a connu un succès phénoménal, à la hauteur de la controverse qu’il a suscité. Aussitôt qualifié de "complotiste", le film a été épinglé par de nombreux médias pour ses erreurs factuelles, ses raccourcis et insinuations non fondées. Une controverse qui n’a pas empêché son réalisateur de récolter près de 300 000 euros de dons sur les plateformes de crowdfunding. Un record.

En plein bouclage d’un nouveau film consacré à la pandémie, Pierre Barnérias a exceptionnellement accepté d’accorder une interview aux équipes de "Complément d’enquête". Comment cet ancien journaliste réagit-il aux accusations de complotisme ? Qu’a-t-il fait des centaines de milliers d’euros récoltés ?

A l’heure du doute généralisé, l’industrie du mensonge ne s’est jamais aussi bien portée. Les sites spécialisés dans la diffusion de fausses informations empocheraient chaque année près de 250 millions d’euros selon les estimations d’une ONG américaine. Aux Etats-Unis, justement, les équipes du magazine ont rencontré et interrogé des hommes d’affaires qui ont construit leur fortune sur le commerce des fake news. Ils dévoilent pour la première fois les secrets de leur business.

Des circuits de financement opaques

Grâce à une étude inédite menée en collaboration avec 50 citoyens, "Complément d’enquête" a pu mettre au jour les circuits opaques de financement du complotisme. Géants de la téléphonie mobile, de la grande distribution, de l’industrie automobile : cette investigation révèle le nom des marques qui financent les producteurs de désinformation via leurs publicités en ligne.

Plus surprenant : des associations caritatives et le gouvernement lui-même participent à ce business en versant des milliers d’euros chaque année à des manipulateurs qui mettent en péril notre santé et nos démocraties.

Une enquête d’Aude Favre et Sylvain Louvet avec Babel Doc. Aude Favre est la fondatrice de la chaîne YouTube Aude WTFake, qui décrypte les fake news depuis 2017. Avec Sylvain Louvet, prix Albert-Londres 2020, ils ont fondé l’association Fake Off, destinée à lutter contre la désinformation auprès des jeunes. L’association Fake Off a remporté en 2020 le prix de la Meilleure initiative associative et citoyenne d’éducation aux médias, à l’occasion des Assises du journalisme.

Invité : Vincent Flibustier, fondateur de Nordpresse et créateur de fake news.

La rédaction de "Complément d'enquête" vous invite à commenter l'émission sur Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #ComplementDenquete.

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS Android), rubrique "Magazines".

Parmi nos sources

- Le rapport du Global Disinformation Index sur le business de la désinformation, publié en 2019.

-  Le rapport de NewsGuard sur la publicité sur les sites de mésinformation.

-  Le communiqué de NewsGuard, qui s’associe à Publicis pour combattre la mésinformation et la désinformation pour les clients.  

-  La politique des éditeurs de Google

- Le Digital Services Act de la Commission européenne.

Cette liste, non exhaustive, constitue une bonne base pour approfondir le sujet.

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