Complément d'enquête : "Pollution, gaspillage : et maintenant, la facture !"

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Le diesel et la pollution atmosphérique en France provoqueraient entre 20 000 et 40 000 morts par an. Mais cette pollution frappe aussi au portefeuille : soins médicaux, patrimoine souillé... l'addition dépasserait les 20 milliards d'euros. À quelques mois de la conférence sur le climat à Paris, "Complément d'enquête", jeudi 21 mai à 22h25, sur la pollution et le gaspillage.

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Un grand soleil sur Paris, et les particules fines sont de retour ! La solution pour faire baisser le niveau de pollution : réduire de 20 km/h la vitesse maximale des voitures et mettre en place la circulation alternée. Mais ce dernier dispositif suffit-il pour lutter efficacement contre la pollution de l'air ? Le 23 mars dernier, après sept jours consécutifs de pollution, le gouvernement l'a finalement mise en place, cette fameuse circulation alternée. Une mesure d'urgence qui a permis de contrer le pic de pollution.

Sa précédente application, le 17 mars 2014, avait permis de réduire le trafic routier de 18 %, selon le bilan dressé par Airparif, l'observatoire de la qualité de l'air en Ile-de-France. Le résultat : la concentration de particules fines avait diminué de 6 %, et celle de dioxyde d'azote de 10 %. Mais même si l'agence relevait un "impact quantifiable et visible", elle émettait quelques réserves sur le dispositif et appelait à une action pérenne de grande envergure sur le trafic pour "s'attaquer à la pollution chronique". Car pour Airparif, viser les véhicules en fonction de leur plaque d'immatriculation n'est pas la bonne méthode. En France, les véhicules diesel les plus polluants (ceux d'avant 2000) sont au nombre de 19 millions, soit 27 % du parc de circulation. Mais au-delà des pics, la pollution sévit au quotidien.

Quel est le coût de la pollution de l'air en France ?

La pollution est un problème sérieux de santé publique, mais elle a aussi un coût pour la société. Régulièrement, la France est affectée par des épisodes de plus en plus importants. Dès que la météo est favorable, les polluants émis par les activités humaines (trafic routier, agriculture, industries) ne sont plus dispersés par les vents. Ils s'accumulent, notamment dans les grandes agglomérations. Les pics de pollution peuvent déclencher des crises d'asthme, des irritations de la gorge, des yeux... ou avoir des répercussions plus graves.

La coordinatrice du programme de surveillance Air et santé de l'institut de veille sanitaire, Sylvia Medina, déclarait lors du pic de pollution de mars 2014 que "95 % de l'impact sanitaire de la pollution de l'air est provoqué par la pollution de tous les jours". Et la liste des maux est longue : asthme, bronchite chronique, cancer du poumon, AVC, infarctus du myocarde. Fin 2013, la pollution de l'air extérieur a été classée parmi les "cancérogènes certains pour les humains" par le Circ, le Centre international de recherche sur le cancer.

Et tout cela a un coût. Un coût très élevé, généré à l'occasion de la prise en charge du patient par le système de soins. En France, la facture totale de la pollution sur la santé est estimée à 1,8 milliard d'euros par an. L'asthme représente la part la plus importante. Une étude d'avril 2014 avait estimé le coût le pollution de l'air intérieur à environ 20 milliards chaque année.

Comment faire pour changer nos comportements ? Et quel est le prix à payer ? Complément d'enquête s'est également intéressé à un autre ennemi invisible tout aussi coûteux : les fuites d'eau. Trente pour cent de l'eau s'échapperait de nos canalisations, et la facture s'envole. L'eau coûte de plus en plus cher à dépolluer.

Au sommaire : 

Paris à bout de souffle

Vitesse réduite, contrôles antipollution, circulation alternée... à Paris, la municipalité cherche à lutter contre la pollution qui perturbe la vie des habitants. À cause de maladies chroniques, des Parisiens décident de faire leurs bagages. D'autres, des entrepreneurs astucieux, en tirent profit en inventant des capteurs nouvelle génération ou en se lançant dans le ravalement de façades. Un reportage de Jean-Karl Lambert et Antoine Husser.

Fuites d'eau et pompes à fric

La facture d'eau a augmenté de 6 % en trois ans. En cause : les coûts de dépollution. Reportage dans l'Eure-et-Loir, où les collectivités financent une usine pour 15 millions d'euros, et exigent des agriculteurs qu'ils limitent leurs engrais, pour ne plus polluer les nappes phréatiques. Mais ce n'est pas tout : la facture augmente aussi à cause du gaspillage. Les canalisations françaises sont tellement mal en point que les fuites d'eau s'accumulent. À Tulle, certains services sont spécialisés dans la recherche de fuites. Il faut dire qu'il y a peu, les deux tiers de l'eau produite par la ville finissaient gâchés ! Complément d'enquête sur le prix de l'or bleu. Une enquête de Samuel Humez et Thomas Lhoste.

Californie : un État à sec 

Quatre ans sans une goutte d'eau. Dans certaines villes de Californie, la première puissance mondiale commence à ressembler au Sahel. Les arbres et le bétail meurent. L'emploi s'écroule. Les Californiens se débrouillent comme ils peuvent. Ils creusent leurs propres puits et peignent leur pelouse en vert plutôt que de l'arroser. Reportage au cœur de la Central Valley signé Laure Pollez et Chloé Cormery.


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