Complément d'enquête : "Immigration, réfugiés, la France à tout prix"

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Neuf cents migrants syriens sauvés le 16 novembre en mer Méditerranée par la marine italienne, plus de 450 morts dans un naufrage à Naples en septembre. Autant d'exemples qui illustrent les risques que prennent les migrants pour rejoindre l'Europe. Un eldorado, pensent-ils. La France a-t-elle encore les moyens d'accueillir ces exilés ? "Complément d'enquête", jeudi 20 novembre, propose des témoignages exclusifs de rescapés du naufrage de Naples et nous fait partager le quotidien, en France, des demandeurs d'asile.

Vingt-trois pour cent de hausse de demandeurs d'asile depuis le début de l'année en Europe. Du jamais vu. Ils sont déjà 216 000 migrants à avoir déposé une demande au sein de l'Union européenne. Les deux tiers ont été faites en Allemagne, en France, en Suède, en Turquie et en Italie, selon le HCR.

Et c'est en Italie que la progression est la plus forte. Elle atteint 73 %, car ce pays reste la destination privilégiée pour des réfugiés qui cherchent à gagner l'Europe depuis l'Afrique.

Selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les deux principales routes de trafic illicite de migrants d'Afrique vers l'Europe généreraient près de 6 milliards de dollars par an pour les passeurs. En 2014, 300 000 personnes seraient mortes en Méditerranée en tentant de gagner leur "eldorado". Pour le directeur de l'ONUDC, "des tragédies terribles se déroulent quotidiennement lorsque des hommes, des femmes et des enfants vulnérables placent leur confiance dans les mains de criminels qui leur promettent de les transporter clandestinement vers d'autres pays".

Pourquoi une telle hausse de nombre de demandeurs d'asile ? La multiplication des conflits serait l'élément déclencheur du "bond" de ce nombre de migrants. Les Syriens, dont le pays est victime de la guerre civile depuis 2011, restent les plus nombreux. Mais il y a aussi l'Irak, en proie à de nouvelles violences depuis l'offensive du groupe État islamique.

L'odyssée de Mamoun

Mamoun a 28 ans et venait de Palestine. Il a survécu quatre jours dans les eaux de la Méditerranée, simplement vêtu d'un gilet de sauvetage. Son bateau, parti d'Égypte, avec à bord des centaines de réfugiés syriens et palestiniens, a sombré, et 450 d'entre eux sont morts noyés. Yvan Martinet et Yann Moine l'ont retrouvé à Malte. Mamoun témoigne de l'enfer de ces traversées.

Asile en France : la porte étroite

Ils étaient 67 000 demandeurs d'asile en France l'an dernier. Mais seulement 20 % d'entre eux obtiennent un droit de séjour. Un casse-tête pour les fonctionnaires de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), chargés de vérifier qu'ils étaient bien en danger dans leur pays. Samuel Humez a été autorisé à filmer ces entretiens où se joue la vie d'un homme ou d'une famille.

Les bannis de Bangui

Les affrontements entre communautés en Centrafrique poussent les habitants à fuir. Dix pour cent de la population aurait déjà pris le chemin de l'exode, et cela malgré la présence de 2 000 soldats français envoyés sur place sous mandat de l'ONU. Clément Casteix et Christophe Kenck ont suivi les miliciens et leurs victimes, obligés d'abandonner leur village et leur maison.

 

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