Complément d'enquête. Calais : et si on ouvrait la frontière ?

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"Complément d'enquête" le 10 mars 2016 au cœur de la "jungle". Le camp de migrants aux portes du Royaume-Uni est en plein démantèlement. Après vingt ans de galère pour les réfugiés et les habitants de Calais, des voix proposent une solution radicale : et si on ouvrait la frontière ? Derrière cette question, les enjeux d'un bras de fer franco-britannique décryptés par le magazine. Des 300 Kosovars de Sangatte en 1998 aux 4 000 migrants de 2016, comment en est-on arrivé là ? Qui sont ces réfugiés qui préfèrent rentrer dans leurs pays, parfois en guerre, au péril de leur vie ?Au sommaire : - Ouvrez la frontière, l'appel de Londres - De Sangatte à Calais : l'histoire sans fin - Irak : retour à Erbil

"Calais : et si on ouvrait la frontière ?" Une question plus si taboue, que le magazine "Complément d'enquête" pose le 10 mars 2016, en pleine évacuation d'une partie de la "jungle". Malgré le combat des associations qui viennent en aide aux migrants de Calais, le démantèlement de la zone sud se poursuit dans un climat tendu depuis le lundi 29 février. Quatre mille réfugiés d'Afrique de l'Est, du Moyen-Orient, d'Afghanistan, étaient massés dans ce camp aux portes du Royaume-Uni.

Le premier jour, des affrontements ont éclaté entre les forces de l'ordre et une partie des migrants appuyés par des militants No Border, opposés à leur expulsion. Le 1er mars, des centaines de personnes ont exprimé leur soutien aux migrants sur la place de la République, à Paris. Le lendemain, pour protester contre la démolition de leur abri, neuf Iraniens en grève de la faim se sont cousu les lèvres et ont défilé dans la "jungle". Pendant ce temps, les commerçants de Calais "descendaient" à la capitale pour demander un plan d'urgence...

Où vont aller les migrants expulsés ?

En quelques jours, un quart de la "jungle" de Calais a été évacué. Dans un paysage de déchets et de traces de tractopelles, les "lieux de vie" (une école et un restaurant) préservés tentent de continuer à exister... ainsi que les migrants en sursis.

Pour les autres, quelles solutions ? Les containers aménagés juste à côté, ou ceux de Grande-Synthe, à une quarantaine de kilomètres : Médecins sans frontières vient d'y ouvrir avec l'appui du maire un premier camp aux normes internationales, avec des bungalows chauffés... Ou encore le transfert dans un centre d'accueil en France, loin de Calais et donc de l'Angleterre...

Au sommaire le 10 mars

Ouvrez la frontière, l'appel de Londres

Aujourd'hui, des voix s'élèvent pour proposer une solution, radicale : et si on ouvrait la frontière ? De l'autre côté de la Manche, un mouvement est en train de naître : des célébrités britanniques ont lancé un appel au Premier ministre David Cameron en faveur de l'accueil des migrants. Une campagne a été lancée par Refugees Welcome pour que les mineurs de Calais ayant des proches au Royaume-Uni puissent les rejoindre. Et en cas de "Brexit", la France pourrait cesser de retenir les migrants...

Un reportage de Laure Pollez, Benjamin Poulain et Xavier Puyperoux, suivi d'un entretien avec Sophie Pedder, chef du bureau français de "The Economist".

De Sangatte à Calais : l'histoire sans fin

Le camp de Grande-Synthe risque-t-il de devenir un nouveau Sangatte ? En 1999, un centre d'accueil est ouvert pour 300 Kosovars dans cette commune du Pas-de-Calais. En novembre 2002, quand Nicolas Sarkozy ferme le centre, 1 600 étrangers s'y entassent. Un camp de fortune s'installe alors à Calais. En 2009, le ministre de l'Immigration Eric Besson vient assister à la destruction de cette "jungle" par les bulldozers. Près de vingt ans après, la France se débat toujours avec ce drame humanitaire et le plus grand bidonville d'Europe. "Complément d'enquête" vous explique les dessous de ce qui est aussi un bras de fer franco-britannique.

Un reportage de Julien Daguerre, Florian Le Moal et Vincent Gobert, suivi d'un entretien avec Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais.

Irak : retour à Erbil

Et quand l'eldorado britannique s'avère inaccessible... de plus en plus d'Afghans, d'Irakiens, de Syriens découragés après d'innombrables tentatives d'embarquer pour l'Angleterre choisissent de rentrer dans leurs pays d'origine, parfois en guerre, au péril de leur vie.

Un reportage de Matthieu Fauroux, Maurice Ferlet et Alice Panouillot, suivi d'un entretien avec Shakir Nori, ancien réfugié afghan.

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