VIDEO. Solidarité : "A Rungis, il y a le business… mais il y a aussi l’humanité"

C’est le matin que Cédric fait le tour des grossistes du marché international pour collecter auprès d’eux les produits qui n’ont pas trouvé preneur. Ces invendus iront bientôt garnir les étals d’épiceries solidaires… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 2 août 2020.

Le soleil est complètement levé quand Cédric entame sa journée en arpentant les pavillons des fruits et légumes de Rungis (Val-de-Marne) pour récupérer les invendus. Il travaille comme coordinateur pour l’Association nationale de développement d’épiceries solidaires (Andes), installée ici depuis 2008. Ce réseau propose des denrées de qualité à des personnes en difficulté économique : une épicerie solidaire est un lieu qui offre "une aide alimentaire qui n’en a pas l’air", selon l’association.

Ce matin-là, il fait le tour des grossistes de cette ruche hyperactive, le plus grand marché de produits frais au monde qui fonctionne à plein la nuit, quand la ville dort. Cette ruche hyperactive est le plus grand marché de produits frais au monde : 234 hectares à sept kilomètres de Paris, 1 200 entreprises implantées, 9 milliards de chiffre d'affaires par an, 18 millions de consommateurs… "Je viens voir si on peut récupérer des choses", dit-il à un marchand qui n’a rien à donner cette fois.

"Distribuer ces fruits et légumes à un prix défiant toute concurrence"

Le grossiste Patrick a environ 600 kilos de pommes de terre à offrir : "Cela représente une perte de 350 à 400 euros, mais ce n’est pas très important dans mon volume", explique-t-il au magazine "13h15 le dimanche" (replay). Cédric précise la démarche : "Une équipe d’une vingtaine de personnes va trier ce qui est revendable pour que notre réseau puisse distribuer ces fruits et légumes à un prix défiant toute concurrence dans des épiceries solidaires. Un produit qui se vend 2 euros, on va arriver à le vendre 20 centimes."

"Avec 600 kilos de pommes de terre, on nourrit beaucoup de personnes, estime le grossiste. Il n’y a pas que le business. Rungis, c’est un milieu humain. il y a le business, mais il y a aussi l’humanité." C’est Gilou, en contrat d’insertion, qui va apporter la marchandise à trier au dépôt d’Andes : "Avant, j’étais dans le transport de personnes à mobilité réduite. J’ai été licencié économique. Si je te racontais ma vie, mon pauvre… Là, je suis bien, heureux. Je conduis et me sens utile. Je viens bosser le matin avec la banane, c’est l’essentiel."

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