VIDEO. "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?" : la phrase boomerang de François Fillon quelques mois avant le "Penelopegate"

"Le Canard enchaîné" n’a pas encore publié son enquête sur les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon quand son mari s’exprime en août 2016. François Fillon veut atteindre Nicolas Sarkozy. C’est lui qui tombera bientôt… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 12 juillet 2020.

François Fillon, l'unique Premier ministre du quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012), commence à s’imaginer un destin de numéro un, alors que le nom du président de la République est cité dans différentes affaires judiciaires. Et pour se démarquer de celui qui le considérait comme son "collaborateur", le locataire de l’hôtel de Matignon décide de franchir le Rubicon…

Ce 28 août 2016, le futur vainqueur de la primaire de la droite et du centre organisée au mois de novembre suivant, en éliminant Nicolas Sarkozy au premier tour et battant Alain Juppé au second, s’exprime à Sablé-sur-Sarthe, la commune dont il a été le maire de 1983 à 2001 : "Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable… Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?"

"C’était dramatique cette phrase, dramatique…"

"Il y a des choses qu’on ne dit pas et même, à la limite, qu’on ne pense pas. C’était dramatique cette phrase, dramatique…" dit l’ancien député UMP Etienne Pinte au magazine "13h15 le dimanche" (replay). Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, ajoute : "Est-ce que ce sont franchement des arguments dignes d’un homme politique qui prétend devenir président de la République ? Il n’y a plus de commentaires à faire sur cette phrase, mais encore une fois, l’Histoire a tranché." Pris dans la tempête du "Penelopegate" en 2017 avec les révélations du Canard enchaîné sur des emplois présumés fictifs de son épouse, cette posture de Père la Vertu lui est revenue en boomerang.

Entre l’austère et le jouisseur, quel est son vrai profil ? Le candidat a-t-il une face cachée non conforme à la rigueur affichée ? Cela ne fait guère de doute pour les magistrats du Parquet national financier. Le 29 juin 2020, le tribunal correctionnel de Paris a condamné François Fillon à cinq ans de prison dont deux ans ferme, assortis de dix ans d’inéligibilité. Sa femme ainsi que son suppléant écopent de trois ans de prison avec sursis. Les condamnés, qui ont fait appel, doivent rembourser près d'un million d’euros à l'Assemblée nationale.

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