VIDEO. Quand le chef Georges Blanc découvre et réalise la recette oubliée du "gâteau merveilleux" de sa grand-mère

Le petit-fils trois étoiles d’Elisa Blanc, sacrée "meilleure cuisinière du monde" en 1933 par le critique gastronomique Curnonsky, est tombé sur la recette inconnue d’un dessert de son ancêtre… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 18 juillet 2020.

Le chef Georges Blanc se plonge parfois dans le carnet de recettes de sa grand-mère Elisa Blanc, figure de la gastronomie des années trente, plus connue sous le nom de la Mère Blanc. Un document ultra-précieux enfermé à double tour. Ce jour-là, il en feuillette les pages noircies d’une belle écriture : "Le diplomate… c’est un grand classique. A la maison, on le servait ce dessert. Gâteau minute… Gâteau pour le thé… C’est de la cuisine un peu familiale, c’est ça la cuisine des mères… Il faudrait que je m’y replonge un petit peu Je vais peut-être découvrir un trésor de recette qu’on n’a pas encore fait…" dit-il au magazine "13h15 le samedi" (replay).

Le cuisinier triplement étoilé, qui s’est déjà inspiré de ce carnet, ajoute : "J’ai envie d’y revenir quand je le parcours : l’omelette soufflée… Cela peut être utile aussi de retrouver des choses d’autrefois qui sont un peu oubliées. Oh là là, il y en a plein… La recette du gâteau merveilleux… Celle-là, je vais la prendre en photo et on va l’essayer. 'Gâteau merveilleux'… Déjà, le nom est évocateur. Il va se marrer mon pâtissier si je lui montre ça…" La photo de la recette dans le smartphone, direction les cuisines de la plus vieille maison étoilée de France, à Vonnas (Ain).

"Un petit clin d’œil à nos mères cuisinières"

"Elisa, si tu nous vois, tu nous dis si ça va", demande le Meilleur ouvrier de France honoris causa (2019) à son ancêtre disparue en 1949, qui a obtenu sa première étoile en 1929 et sa seconde en 1933. Le merveilleux d’Elisa est un gâteau à base de raisins et de rhum. Pour les proportions, c’est à vue d’œil : "Bon, je mettrais tout… Allez, mets tout…" Le pâtissier, dont la grand-mère avait pour spécialité le marbré au chocolat, se régale avec cet exercice : "Refaire des recettes d’antan, c’est merveilleux", dit-il avant de mettre le dessert au four. "C’est marrant, on dirait de l’éponge, note Georges Blanc. En fait, ça ressemble un peu à un quatre-quarts qui est parfumé."

De son côté, le pâtissier de Georges Blanc "aime beaucoup" et estime qu’on pourrait le "moderniser un peu... Tous les desserts viennent de là, à la base. Quelque part, on n’a rien inventé." Le chef ajoute : "Merveilleux, c’est un peu pompeux. On est vraiment dans la pâtisserie de grand-mère." Fantasme-t-on un peu la cuisine des grands-mères ? "Oui, parce que cela a un petit côté mode, culturel, qu’on entretient. On peut être un peu déçu par rapport au niveau d’aujourd’hui, notamment en pâtisserie. Mais cela fait plaisir de faire un petit clin d’œil à nos mères cuisinières qui nous ont guidé, transmis un héritage, un pan de notre culture en cuisine et en pâtisserie."

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