VIDEO. Clôtures électriques, chiens de troupeau, parc de nuit, caméras... : quand des éleveurs choisissent la cohabitation plutôt que l'affrontement avec le loup

A force de voir leurs bêtes attaquées par le loup, certains éleveurs exaspérés souhaiteraient la disparition du prédateur réintroduit en France. D’autres préfèrent protéger leur troupeau… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 4 octobre 2020.

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Entre juin et octobre 2010, ce sont 45 brebis de l’élevage d’Ingrid Briclot et André Maurel, installés à Turriers, dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui ont été tuées par le loup. "C’est cette grosse attaque qui nous a décidé à changer et à se sécuriser au maximum. On avait des grillages… et on a mis en plus des fils électriques", explique l’éleveuse au magazine "13h15 le dimanche" (replay). Douze kilomètres de clôtures électriques protègent désormais les 90 hectares de l’exploitation où 350 brebis produisent autant d’agneaux chaque année, qui sont vendus directement sur les marchés des environs.

Il s’agit d’un investissement personnel de 28 000 euros qui n’a pas été pris en charge par l’Etat. "Là, les brebis peuvent manger tranquillement. Le loup ne va pas chercher à rentrer. Les cinq fils sont jumelés avec un poste électrique et les brebis dorment là en général le soir. Sur les photos, on voit bien que le loup approche, regarde et continue sa route… Bon, il a quand même dû se prendre quelques châtaignes parce qu’on le voit passer le long du parc, mais il ne regarde même plus et se tient à distance de la clôture", précise Ingrid. Le couple a préféré la cohabitation plutôt que l’affrontement avec le prédateur car ils vivent sur le même territoire.

Il n’y a pas eu d’attaque depuis 2010

Les éleveurs ont installé des caméras automatiques pour vérifier l’efficacité de l’installation protectrice. Le loup est toujours là, mais il passe son chemin… Chacun son espace de part et d’autre de la clôture : "Là, c’est chez lui, et là, c’est chez nous." Huit chiens de protection de troupeau complètent le dispositif en étant en permanence avec les brebis. Il y a même un élevage de patous sur l’exploitation : "Comme on a deux origines différentes, cela nous a permis de monter une meute, avec des chiens qui courent si besoin et d’autres qui restent au troupeau." Des subventions de l’Etat financent leur nourriture.

"Ils protègent de tout prédateur à quatre pattes… A deux pattes aussi, mais ils n’ont pas l’autorisation de les mordre. A quatre pattes donc, que ce soit des loups, des chiens ou des renards… de tout animal qui pourrait faire des conneries au troupeau." Pense-t-il que les chiens de protection peuvent créer des problèmes, notamment en s’en prenant parfois à des randonneurs ? "Le chien est le reflet de son propriétaire. S’il a reçu une éducation de base en ayant tout ce qu’il lui faut et qu’il est bien dans sa tête et ses baskets, il n’attaque pas les êtres humains", affirme Ingrid. Grâce aux clôtures électriques et aux patous, il n’y a pas eu d’attaque depuis 2010.

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".

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